Un homme déambule seul dans les rues de Paris. Il a la démarche nonchalante. Ne dirait-on pas qu’il porte un poids sur ses épaules ? Sait-il où il va ? D’où il part ? Les rues sont vides autour de lui et une légère brume englobe les maisons avoisinantes.

Cette illustration est l’affiche d’Un monde sans pitié d’Éric Rochant, sorti en 1989 ; l’homme qui marche, dos à la caméra, c’est Hyppolyte Girardot, symbole d’une génération désabusée, pleine de doute et d’angoisse, rejetée par la société qui l’entoure :

Si au moins on pouvait en vouloir à quelqu’un. Si au moins on pouvait croire qu’on sert à quelque chose, qu’on va quelque part. Mais qu’est-ce qu’on nous a laissé ? Les lendemains qui chantent ? Le grand marché européen ? On n’a que dalle, on n’a plus qu’à être amoureux, comme des cons. Et ça, c’est pire que tout.

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Un monde sans pitié
Réalisé par Éric Rochant
France, 1989
Avec Hippolyte Girardot, Mireille Perrier, et Yvan Attal
84 minutes