Been so long est une comédie musicale romantique, mais ne vous attendez pas à Mamma Mia ou La La Land ou encore Grease : il s’agit ici d’une comédie made in UK, loin des superproductions hollywoodiennes à gros budgets. Réalisé par Tinge Krishnan et écrit par Ché Walker, le long métrage met en scène une rencontre inattendue à Camden dans le nord de Londres.

Sorti le 26 octobre 2018 sur Netflix, Been so long raconte l’histoire d’une mère célibataire, Simone (Michaela Coel, Chewing Gum, Black Mirror, Black Heart Rising), qui tombe sous le charme d’un bel étranger (Arinze Kene) avec un lourd passé.

Simone a les pieds sur terre, elle vit seule avec sa fille souffrant de handicap moteur. Un soir où elle sort avec sa sœur Yvonne (Ronke Adekoluejo) pour casser un peu la routine, elle rencontre Raymond dans un bar, un homme qui vient tout juste de sortir de prison après avoir commis un crime non-violent.

Il vit chez sa mère et se réinsère petit à petit dans la société. Le coup de foudre entre les deux londoniens est fulgurant.

C’est une comédie musicale romantique comme les autres, non ?

Au premier abord, on pourrait croire que le film n’apporte rien de nouveau au genre. La musique, composée par Christopher Nicholas Bangs et Arthur Darvill, est digne d’une comédie musicale avec une mélodie flottante et des paroles drôles et cocasses. On peut d’ailleurs retrouver toute la bande originale sur Spotify.

L’amour entre les deux personnages est chaleureux et réconfortant ; le décor coloré, multiculturel et chatoyant - qui fait d’ailleurs penser au film français Toi, moi, les autres, réalisé par Audrey Estrougo - ajoute ce côté bigarré.

Néanmoins, des thèmes de société comme la maladie mentale, la solitude, les relations de couple toxiques, la gentrification et la vie après la prison sont des thèmes que l’on ne retrouve pas dans les comédies musicales romantiques classiques.

L’intrigue et les personnages

L’intrigue principale est parsemée d’intrigues secondaires qui n’apportent pas grand chose au film. Par exemple, l’histoire de Gil (George MacKay), un jeune homme mal en point, qui erre dans les rues de Londres en se parlant à lui-même : on pourrait croire qu'il s’agit d’un toxicomane mais le film ne nous en dit pas plus. À première vue, le personnage a l’air comique car assez maladroit et sa façon de parler laisse à désirer. Mais on se rend compte qu’il a une obsession malsaine et grandissante envers Raymond car celui-ci a « volé » une fille sur laquelle il avait flashé dans un bureau d’administration trois ans auparavant. Depuis, il rôde dans les rues en espérant retrouver Raymond et le tuer avec une machette à kebab pour lui avoir fait ce sale coup.

L’amour entre les deux personnages principaux crève l’écran. L’alchimie entre les deux protagonistes est flagrante même s’ils n’ont pas le même parcours de vie, ils se ressemblent en plusieurs points.

Lui sort à peine de prison et a un bracelet électronique à sa cheville qui sonne lorsqu’il n’a pas respecté son couvre-feu. Elle est une femme qui ne se permet pas beaucoup de folies et a des responsabilités vis-à-vis de sa fille.

Tous deux sont « privés de liberté » quelque part et c’est cela, à mon avis, qui les réunit et qui fait que leur couple « fonctionne ». En effet, Raymond est sous liberté conditionnelle depuis peu et essaye de vivre une vie normale malgré tout : il travaille pour la municipalité, sort le soir, bref il essaye de profiter de la vie et de retrouver une certaine indépendance jusqu'à ce qu’il franchisse la ligne rouge en trompant Simone. Simone l’apprend en allant chez lui, elle voit une femme à moitié dévêtue dans son salon (évidemment elle lui pardonnera).

Simone se prive de certaines choses en raison de ce qu’elle a pu vivre par le passé : elle ne parle plus et ne voit plus son ex-compagnon (Kestrel), le père de sa fille depuis plusieurs années après une rude rupture.

Un jour, Yvonne (qui est complètement différente de son aînée : flamboyante, elle croque la vie à pleines dents) accompagne sa nièce chez Kestrel car cette dernière se posait énormément de questions sur son père. Lorsque Simone l’a appris, elle est sortie de ses gonds et a qualifié sa soeur d’irresponsable et d’immature.

Ensemble, Raymond et Simone se sentent revivre, ils se sentent libres malgré leurs problèmes du quotidien.

En général les comédies de ce type ne sont pas du tout réalistes mais ce film-là paraît tout à fait vraisemblable car il est facile de se reconnaître et de s’identifier aux personnages car ils incarnent « monsieur et madame tout le monde ». Surtout, les personnages sont très attachants par leur vécu et leurs histoires personnelles. La seule chose qui n’est pas réaliste est que finalement tout est bien qui finit bien...

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Been so long

Réalisé par Tinge Krishnan

Avec Michaela Coel, Arinze Kene

Grande-Bretagne, 2018

100 minutes