Jacques De Decker est un homme de culture par excellence, tour à tour dramaturge , auteur de romans (parmi lesquels le Ventre de la baleine), traducteur de pièces des répertoires anglo-saxon, néerlandais, allemand, plus de soixante ouvrages, tant classiques que contemporains, enseignant à l’Insas entre autres, et longtemps critique littéraire au Soir.

Quel livre emporterez-vous en vacances ?
Le théâtre complet de George Bernard Shaw, et sa biographie la plus exhaustive (toujours pas traduite). Il n’y a que cinquante ans que j’ai envie de m’y plonger. Débarrassé de la corvée des lectures « d’actualité », quel plaisir de se baigner dans l’intemporalité non pas des classiques, mais de ceux qui n’ont pas (encore) atteint ce statut, du moins en francophonie !

Quel spectacle vous a marqué cette saison ?
J’ai été bouleversé par On achève bien les chevaux monté par Michel Bogen au Public. Un spectacle (presque) aussi éprouvant pour le spectateur que pour ses interprètes. Une sidérante métaphore de la course de rats qu’est devenue la société. Bien plus mobilisant que ces prêchi-prêcha pour gogos et bobos que le théâtre hyper-subventionné (suivez mon regard) offre en unique monnaie d’échange aux spectacles venus d’ailleurs au moyen desquels il dissimule sa paresse et son impuissance.

bernard-shawAvez-vous des projets pour la rentrée ?
On ne demande pas plus à un auteur ce qu’il est en train d’écrire qu’à une femme si elle est enceinte. La boutade est de Julien Gracq (bien mieux formulée bien sûr).

Quelle serait votre destination vacances idéale ?
Je ne me sens bien que là où je suis vraiment chez moi. Avec l’âge, on se contente d’un jardin, d’un chien et d’une pipe.

Quelle est votre définition du mot « vacances » ?
« Vacances » : ce que l’on peut remplir à sa guise.

Quel sera votre programme de l’été ?
C’est du farniente que naissent les plus riches idées, les plus profondes rêveries, et les plus vastes projets.