Elsie DX, c'est bien plus que le nom de scène d'Elise Dutrieux. C'est un projet artistique complet, qui mélange avec élégance musique ethnique, électro, graphisme et vidéo. C'était aussi l'invité de la galerie Karoo cette semaine, et comme tous les vendredis, on essaie d'en savoir un peu plus.

Quelle est la genèse d'Elsie DX ?
J'en parle peu, j'aime bien garder une part de mystère. En fait, j'ai simplement suivi une formation classique à l'académie Grétry (une célèbre école de musique à Liège, ndlr). J'ai commencé la musique électronique à 17 ans, en chipotant toute seule avec les logiciels. Quand j'ai voulu mettre le résultat en ligne, le netlabel Knovel Records m'a contacté en 2008. Ils m'ont proposé de faire un premier concert. Je n'avais jamais joué de la musique électro en live. Dans la foulée j'ai fait une vingtaine de concerts. Ensuite, j'ai mis le projet au frigo, le temps de me consacrer à mes études. Maintenant, ce nouveau projet, Elsie DX, a mûrit, s'est enrichi d'influences multiples, et ressemble évidemment plus à qui je suis actuellement.

Vous avez suivi une formation classique, d'où vient cet amour pour l'électro ?
Je suis passionnée de musique électronique depuis que j'ai 13-14 ans. C'est toujours ce que j'ai écouté le plus. Mon frère était très curieux, il aimait découvrir de nouvelles choses alors il m'a entrainé avec lui dans cette énergie-là. J'aimais beaucoup, j'en écoutais énormément. Donc continuer dans cette direction m'a paru naturel. Si j'ai arrêté, c'est parce que je me suis rendu compte que les live me stressaient et que j'y prenais moins de plaisir. Et puis j'ai recommencé parce que, finalement, ça me manquait !

Et celui pour la musique ethnique ?
J'ai toujours été fascinée par la musique orientale, par ses mélodies, par sa technique, notamment vocale. Il y a une autre manière d'aborder les mélodies et la rythmique, qu'on connaît moins bien en Europe. J'aime aussi l'idée de pouvoir sortir la musique de son carcan habituel, de repousser ses frontières. J'aime quand la musique m'étonne, me surprend. J'aime bien ces formes rythmiques répétitives et presque organiques, qui peuvent faire songer aux transes des musiques ethniques. Ça me passionne d'un point du vue musical et spirituel.

© Jérome Sevrette
© Jérome Sevrette

Mais Elsie DX, ce n'est pas qu'une histoire de musique…
Je travaille aussi avec Elodie Timmermans, qui est photographe. Elle s'occupe du vidjeing du projet. Il est important pour nous que l'on puisse se produire dans des conditions qui permettent d'accueillir le projet dans sa globalité, son et image. On est amies depuis des années et on s'entend très bien aussi artistiquement parlant. Elle s'est occupée de la dimension photographique du projet, me poussant à le sortir du frigo dans lequel je l'avais plongé. On s'est associé avec une graphiste, Amandine Dupont, et le projet était relancé ! Pour moi, le visuel est hyper central dans ma musique. J'étudie la communication, et pour moi il est indispensable de travailler avec l'image. C'est une conviction et une envie que j'ai en moi depuis très longtemps. Mais je n'oublie jamais qu'il es très important de laisser de la place à la créativité et à la spontanéité. C'est pour ca qu'Elsie DX est loin d'être cloisonné. C'est même plutôt une ébauche, j'ai envie de lui laisser le temps de murir, de grandir, alors je le soigne et je le polis.

http://elsiedx.com/