Le BPS22, espace de création contemporaine à Charleroi, était fermé pour cause d’importants travaux d’agrandissement et de rénovation. Il rouvre en grandes pompes le 26 septembre dans un écrin flambant neuf, tout en lignes droites et en ouvertures, et devient le musée d’Art de la Province du Hainaut. 2 500 mètres carrés dédiés à la création contemporaine et à la présentation de la collection de la Province de Hainaut. Karoo l’a visité pour vous.

BPS22-02Le BPS22, c’est d’abord un musée implanté dans un quartier de la ville haute, en complète mutation urbanistique : en témoignent les trottoirs éventrés et le bruit des pelleteuses. Coincé entre l’université du Travail et le grand boulevard, le musée donne sur une place bordée d’arbres où pousse l’herbe entre les pavés. C’est un quartier à la fois populaire et étudiant doté de petits commerces. Le BPS22 a pour volonté de tisser des partenariats avec les habitants. Un local de réunion leur est d’ailleurs exclusivement dédié. Mais le BPS22, c’est aussi un musée qui témoigne du passé de Charleroi. Le bâtiment industriel, pourvu d’une nef tout en verre et en fer, date de 1911. Il a changé d’affectation selon les époques : d’abord halle, puis pavillon des Beaux-Arts, puis ateliers de l’université du Travail destinés à l’enseignement industriel, pour être finalement désaffecté. Le lieu a repris vie en 2000 sous l’impulsion de Xavier Cannone, directeur du musée de la Photographie de Charleroi. Il a été repris peu après par Pierre-Olivier Rolin qui gère depuis le lieu.

BPS22-01Les travaux de rénovation et d’agrandissement ont été menés par le bureau d’architectes Archiscénographie. Philippe Roland et Anne-Véronique Roland étaient déjà auteurs des rénovations du musée Félicien Rops à Namur et en partie des abattoirs à Mons. Ils ont conservé l’esprit industriel de l’ancien bâtiment en laissant les murs et la structure à nu. Une autre aile, l’ancienne salle de gym de l’université du Travail, a été détruite et reconstruite en une immense « boîte blanche » de huit cents mètres carrés. Un espace plus aseptisé, plus contemporain, qui répond aux conditions muséologiques pour accueillir des œuvres plus délicates.

mediumAnciennement, le BPS22 était entièrement dévolu à la création contemporaine et accueillait ponctuellement des artistes venus de disciplines diverses : les arts plastiques, bien sûr, mais aussi la danse et la musique. À présent, il se donne pour ambition de devenir un musée, ouvert en permanence, proposant des expositions temporaires sur des thématiques liées à questions sociétales.

La première exposition, « les Mondes inversés », met en présence l’art contemporain et les cultures populaires. Celles-ci ont souvent été dénigrées et considérées comme « low culture » en regard des formes d’art propres aux élites cultivées. L’exposition renverse ici ce rapport de force et remet en perspective l’art comme apanage de la classe dominante. Comme l’annonce le dossier de presse, « chacune des œuvres sélectionnées aborde, différemment, le thème du renversement symbolique de l’ordre dominant, thème propre aux cultures populaires, qu’il s’agisse d’un ordre politique, religieux, social, familial, artistique ou autre ».

Yinka Shonibare, Scramble for Africa (2003). Collection Pinnell.
Yinka Shonibare, Scramble for Africa (2003). Collection Pinnell.

« Les Mondes inversés » rassemble des œuvres d’une quarantaine d’artistes, venus du monde entier, illustrant différentes disciplines (peinture, sculpture, photographie, installation, vidéo…), qui puisent leur inspiration dans les matériaux des cultures populaires. On pointera l’envergure de l’exposition avec des œuvres d’artistes de renom. Pour n’en citer que quelques uns : Marina Abramovic (performeuse serbe), Marcel Berlanger, Wim Delvoye, Jimmie Durham (artiste d’origine américaine qui a défendu la cause des Cherokees) ; Emilio Lopez-Menchero, Johan Muyle, Paul McCarthy…

L’exposition n’était pas encore totalement montée le jour de notre venue. Nous retournerons la voir. On s’y croisera peut-être. Laure Houben, la responsable de la communication, veut développer des collaborations avec la maison du Tourisme. Charleroi deviendra prochainement une ville de villégiature. Il y a déjà des airb’n’b en ville, c’est un signe… Un city trip à Charleroi, ça vous dit ?

En savoir plus...

BPS 22 22 boulevard Solvay 6000 Charleroi http://www.bps22.be + 32 71 27 29 71 info@bps22.be Week-end d’ouverture La Tête à l’envers Les 26 et 27 septembre, de 11 à 19 heures Entrée libre Exposition Les Mondes inversés Du 26 septembre 2015 au 31 janvier 2016 Ouvert du mardi au dimanche, de 11 à 19 heures Dans le cadre de Mons 2015, Capitale européenne de la Culture. Commissariat : Pierre-Olivier Rollin Artistes : Marina Abramović, Carlos Aires, Ghada Amer, Art Orienté Objet, Marcel Berlanger, David Brognon & Stéphanie Rollin, Paulo Climachauska, Jeremy Deller & Alan Kane, Wim Delvoye, Gabriele Di Matteo, Jimmie Durham, Kendell Geers, Michel Gouéry, Tal Isaac Hadad, Carsten Höller, Aram Kamrooz, Mike Kelley, Gareth Kennedy, Emilio López-Menchero, Paul McCarthy, Johan Muyle, Amy O’Neill, Grayson Perry, Javier Rodriguez, Joe Scanlan,Yinka Shonibare MBE, Walter Swennen, Pascale Marthine Tayou, Boris Thiébaut, Gert & Uwe Tobias, Patrick Van Caeckenbergh, Eric van Hove, Raphaël Van Lerberghe, Joana Vasconcelos, Thierry Verbeke, Marie Voignier & Vassilis Salpistis, Ulla von Brandenburg.