critique &
création culturelle

Le chemin se fait en marchant

Laisser émerger la singularité et l’inattendu

Dans un quotidien en constante accélération, dont les routines deviennent de plus en plus contraignantes, que deviennent nos spontanéités, nos particularités ? À mi-chemin entre la danse et la performance, Le chemin se fait en marchant, joué au théâtre de La Balsamine, explore ces questions sous l’angle du vécu intime. Peut-être est-il encore possible, au milieu de la course, de faire un pas de côté, de respirer et de se laisser vivre.

The Great He-Goat

Goya sort de ses toiles

Bienvenue dans un monde sans éclat, une procession d’ombres et de folie. Durant plus d’une heure, dix performeurs nous entrainent dans leur délire extatique. Marionnettes en main, ils donnent vie aux visions de Francisco de Goya. Le Théâtre 140 a joué, le temps d’une éclipse, ce spectacle hallucinant. The Great He-Goat nous arrache de la réalité pour mieux plonger dans les œuvres d’un peintre tourmenté.

Jardin

Un chez-soi déraciné, à jamais replanté

Mis en scène par Amel Benaïssa, sur un texte qu’elle a écrit avec Mathurin Meslay, Jardin, À un moment donné, je me suis sentie concernée nous promène avec tendresse dans le passé et les envies futures d’Izrar ; un songe éveillé sur notre réel en manque de lien et de vivre-ensemble.

Névroses banales

Hyperboles ordinaires

Premier spectacle de danse au Théâtre de la Toison d’Or, Névroses banales, se veut être un « ballet clownesque », comme l’explique la metteuse en scène Betty Mansion. Et il porte bien son nom : il y va très fort, mais se révèle parfois redondant.

Chauv·e

C’est l’histoire d’une personne qu’on appelait Gollum, puis sale PD, puis qui monte sur scène et qui se venge même pas

Blanket La Goulue, c’est Massie Mucedda mais pas tout à fait : dans son spectacle Chauv·e, qu’iel joue et met en scène, Massie laisse Blanket (son personnage drag) raconter son histoire avec la vulgarité qu’iel n’endosse pas hors de scène et la tendresse qui ne la quitte pas. Je l’ai rencontré·e après sa semaine de représentation au studio Varia, du 3 au 7 mars en coprésentation avec La Balsamine. On a parlé chanson française, homophobie, intelligence et copines dans la cour. C’est parti dans tous les sens mais globalement c’est allé dans le bon.

Le choc théâtral de Prima Facie

Quand la loi vacille

Avec Prima Facie, la dramaturge Suzie Miller transforme un monologue d’avocate en un procès implacable du système judiciaire. Succès mondial porté notamment par Jodie Comer, la pièce trouve aujourd’hui au théâtre Le Public une incarnation intense grâce à la performance de Mathilde Rault.

Cliché de Hakim Bouacha

Un spectacle qui démonte les étiquettes

Avec Cliché, Hakim Bouacha présente à l’Espace Magh une nouvelle création où il s’attaque aux étiquettes et aux stéréotypes liés aux identités sociales, culturelles et de genre. Avec humour et espièglerie, il transforme le théâtre en terrain d’expression, joue avec les clichés, pour mieux les déconstruire, puis finalement en faire une force et réaffirmer sa liberté.

L'Amour de l'Amour

Reconnaître le minotaure

On n’oublie jamais la violence patriarcale mais certains soirs on nous la racle sous le nez avec insistance. L’Amour de l’Amour déverse une crue de mots et d’absence pour nommer la brutalité de ce système et ses perversités. Cette nouvelle création, produite par le Théâtre Comédie Odéon en collaboration avec Le 140, a pris place sur la scène de ce dernier du 2 au 7 mars.

Quand l'opéra rencontre la jeunesse

entretien avec le musicologue Jean-Marc Onkelinx

Guindé, élitiste, démodé, ennuyeux, cher, inaccessible, conservateur, pour les vieux... autant d’adjectifs qui semblent coller à la peau du genre lyrique de nos jours. Pourtant, l’opéra a beaucoup à offrir à notre société actuelle, ainsi qu’au jeune public. On en discute avec le musicologue Jean-Marc Onkelinx, au détour d’une conférence d’histoire de la musique.

Comme un poisson sans bicyclette

Constellation familiale féministe

Joué au Théâtre des Martyrs du 14 au 20 février, Comme un poisson sans bicyclette examine une lignée féminine. Face à ces quatre générations de femmes écrites et mises en scène par Virginie Thirion, c’est la Grande Histoire sous un prisme féministe qui se déploie, comme un miroir capable de rendre enfin visible cette transmission si singulière.