critique &
création culturelle

El Corazón de Ester

Comment balance le cœur de l’artiste

C’est au Théâtre Varia, lors du Kunstenfestivaldesarts, qu’Alberto Cortés nous présente pour la première fois la suite d’un travail initié dans ses œuvres précédentes. Avec El Corazón de Ester, une performance mélangeant théâtre et danse qui part des journaux intimes fictifs d’une certaine Ester, jeune bourgeoise du XIXe siècle, il interroge frontalement l’amour et la relation entre le·la performeur·se et son public.

Keeley Forsyth

Grâce spectrale

Il existe des performances qui dépassent le simple concert. Lors du BRDCST Festival à l’AB, Keeley Forsyth a partagé avec son public une expérience physique et émotionnelle où voix, corps et silence gravitent dans une même constellation.

La petite annonce faite à Marie

La mémoire à l'épreuve de la scène

Au Théâtre Royal du Parc, La petite annonce faite à Marie, création collective d’après un roman de Thierry Debroux, aborde avec sensibilité la perte de mémoire. Portée par des interprètes remarquables, cette création musicale séduit par ses voix, mais s’égare parfois et peine à émouvoir pleinement en raison d’une mise en scène trop chargée.

A Flower of Forgetfulness de Apichatpong Weerasethakul

Mémoire vive sur fond blanc

Certains spectacles racontent une histoire, d’autres agissent comme un rêve fiévreux. A Flower of Forgetfulness appartient à cette seconde catégorie. Conçu spécifiquement pour le décor baroque des Brigittines, le spectacle du cinéaste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul nous fait traverser des lieux, des images et des sensations. Autant de fragments de mémoire en suspension.

Canis Lupus

Sortir du silence

Réinterprétant le très célèbre conte de Prokofiev, Pierre et le Loup, Canis Lupus est le fruit de la collaboration entre Jean-Michel Frère, metteur en scène et directeur de la Compagnie Victor B, de l’auteure Adeline Dieudonné et des musiciens de Passion Panda. Ils nous emmènent dans les méandres de souvenirs flous, incomplets, refoulés d’un petit garçon ingénu et de son grand méchant loup de père.

Lucrezia Borgia

Les copains d'abord

L’Opéra royal de Wallonie-Liège plonge au cœur du romantisme noir à travers la production de Lucrezia Borgia, qui raconte le chemin de croix de la célèbre empoisonneuse de la Renaissance. Dans sa composition de 1833, Donizetti complexifie et valorise ce personnage à la réputation maléfique en lui rendant son humanité et sa voix.

Tchôdron

Celles qu’on a voulu voir brûler

Découvert pendant l’édition 2025 du festival Cocq en stock, Tchôdron questionne la figure emblématique de la sorcière et les regards inquisiteurs qui ont fait d’elle le monstre que nous avons retenu. Léa (Sarah Mélotte-Piront) et Malou (Blanche Delhausse) nous embarquent entre rires et larmes au moyen de leurs marionnettes, de leurs guitares, et surtout de leurs anecdotes tout droit sorties du terroir wallon.

KFDA 2026

Il Cimento dell’Armonia e dell’Inventione

Le corps des saisons 

À La Monnaie, Anne Teresa De Keersmaeker et Radouan Mriziga réinventent Les Quatre Saisons de Vivaldi en une traversée chorégraphique où la musique devient matière vivante avec Il Cimento dell’Armonia e dell’Inventione. Une traduction sensible de son ode à la nature, qui ramène le corps à une forme d’expression essentielle.

Le chemin se fait en marchant

Laisser émerger la singularité et l’inattendu

Dans un quotidien en constante accélération, dont les routines deviennent de plus en plus contraignantes, que deviennent nos spontanéités, nos particularités ? À mi-chemin entre la danse et la performance, Le chemin se fait en marchant, joué au théâtre de La Balsamine, explore ces questions sous l’angle du vécu intime. Peut-être est-il encore possible, au milieu de la course, de faire un pas de côté, de respirer et de se laisser vivre.