critique &
création culturelle

Burying The Ex

une rupture mortifiante

En ouverture du 33 e BIFFF , nous avons eu droit au tout dernier film de Joe Dante : Burying The Ex . L’ambiance était chaude et les « Bifffeurs » chauffés à bloc ! Quoi de plus normal puisque monsieur Dante himself n’est autre que le papa des Gremlins , de Piranha , de l’Aventure intérieure ou encore, pour les plus jeunes, de Small Soldiers . Autant dire que le 18 e chevalier de l’ordre du Corbeau arrivait en territoire conquis.

Max, employé dans une boutique de gadgets d’horreur, sort avec Evelyn, une belle blonde castratrice obsédée par le bio. Un jour, en entrant dans une boutique de milk-shakes, ils rencontrent Olivia. Rencontre électrique car en plus du reste, Evelyn est jalouse et lunatique ! Max commence à n’en plus pouvoir et, sur les conseils de son demi-frère Travis, il décide enfin de larguer Ev, qui lui rend la vie infernale, comme il se doit… avec respect. Mais les choses ne se déroulent pas comme prévu car

la belle se fait faucher par un bus et agonise dans les bras de son chéri en lui faisant promettre qu’ils resteront ensemble pour l’éternité

. Quelque temps plus tard, Max retombe sur Olivia et en tombe éperdument amoureux. Seulement… Evelyn ressort de sa tombe et rentre à la maison. Pour Max, c’est le retour en enfer.

Côté casting, nous retrouvons Anton Yelchin ( Star Trek , les Schtroumpfs ) dans le rôle de Max, Ashley Greene ( Twilight ) dans celui d’Evelyn, Alexandra Daddario ( Percy Jackson , Massacre à la tronçonneuse 3D ) en Olivia et le survolté Oliver Cooper ( Project X , Californication ) en Travis. Notons aussi le caméo remarqué de Dick Miller , l’acteur fétiche du maître.

Malgré une réalisation classique et une histoire consensuelle, Dante nous transporte immédiatement dans son univers singulier, mélange d’horreur et d’humour, plus drôle que sombre. Le film est un vrai divertissement et atteint son objectif avec brio. On regrettera cependant le côté « bio obsessionnel » d’Evelyn, oublié après sa résurrection, qui nous aurait probablement donné une des comédies noires les plus cultes de cette décennie ; l’autre bémol est l’introduction d’un artefact a priori démoniaque sous-exploité dans l’histoire, qui fait davantage penser à une erreur scénaristique qu’à un élément fondamental du récit.

Joe Dante nous prouve avec cette comédie romantico-zombie qu’il est encore loin d’être rouillé. Il nous livre un film qui, dans sa construction classique, revisite le mythe du zombie domestique de façon intéressante et originale. Les vannes sont succulentes, et quelques retournements de situation sont de véritables coups de génie. Un film parfait pour ouvrir ce 33 e BIFFF. Résultat : une salle morte de rire, voire carrément hystérique, et un Joe Dante en pleine forme. Que demander de plus ?

En bonne et due forme, monsieur Dante.

https://www.youtube.com/watch?v=L8gJbE3LYNs

Même rédacteur·ice :

Burying the Ex

Réalisé par Joe Dante
Avec Anton Yelchin , Ashley Greene , Alexandra Daddario
États-Unis , 2014, 88 minutes