critique &
création culturelle

    Retour sur 2019 (1)

    À l’approche de la fin de la décennie, la rédaction Karoo dresse sa rétrospective culturelle de l’année 2019 ! Année marquée en thrillers, serial killers et souvenirs émus pour Éloïse Brulin…

    Mindhunter – saison 2

    Mindhunter , pour ceux qui ne connaitraient pas la série, raconte l’histoire de deux agents du FBI, Bill Tench (Holt McCallany) et Holden Ford (Jonathan Groff), à la naissance des théories comportementales et du profilage. Dans la première saison, le duo sillonne les États-Unis pour rencontrer des tueurs en série et ainsi rassembler des informations concernant leur passé, qui pourraient servir de base à l’élaboration d’un profil de psychopathe. Si cette première saison était déjà très axée sur le caractère des personnages et leur évolution dans un monde où la psychologie est vue comme un mythe, la saison deux va plus en profondeur. En effet, celle-ci laisse apercevoir les faiblesses des deux agents, ce qui les rend d’autant plus attachants. De plus, le scénario nous emporte très vite à travers la vie secrète des membres de l’équipe.

    Dès la première saison, je suis tombée sous le charme de Mindhunter . La sensibilité et l’anxiété de l’agent Ford en font une figure très attachante, et au contraire, l’agent Tench qui parait dur et sévère se révèle vulnérable et plus humain dans la seconde saison. Évidemment, tout cela ne va pas sans le plaisir que l’on peut éprouver à l’énonciation des crimes en tout genre et de la figuration des tueurs en série dont chacun connaît les noms.

    Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile

    Dans un même registre, Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile met en scène la vie de Ted Bundy, célèbre tueur en série, lors de son procès. Ce film est si bien ficelé que l’on en vient à avoir de la sympathie pour l’assassin. Zac Efron, qui d’habitude joue un corps davantage qu’un esprit, montre dans Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile une toute autre facette de son jeu d’acteur. On le voit sérieux, séducteur mais aussi un peu manipulateur. Il parvient à exprimer le côté dément de Ted Bundy mais également à rendre son attitude sensible au point de nous faire oublier son statut de coupable.

    Comme on peut le supposer, les histoires de tueurs font partie de mon univers, il fallait donc que ce film soit sur ma liste. D’une part, parce qu’il m’a réconciliée avec Zac Efron et, d’autre part, parce qu’il est parvenu à remettre en question ma rationalité en ce qui concerne les meurtriers. Un film qui parvient à bousculer vos principes est un film qui ne s’oublie pas.

    La Porte , Samuel Palladino

    C’est lors du Salon Mon’s Livre que j’ai rencontré Samuel Palladino, auteur de La Porte (Rebelle Editions). Le principe de ce genre de salons est extraordinaire parce qu’ils poussent les auteurs à s’adresser directement aux lecteurs pour tenter de le convaincre. En ce qui me concerne, j’ai été séduite par la façon dont Samuel Palladino a vendu son roman, et conquise quand j’ai eu fini ma lecture. La Porte raconte, de fait, l’histoire d’une porte mais à la fin du livre, il est encore difficile de préciser si cette porte s’ouvre sur une autre temporalité, sur un autre monde ou simplement sur rien qui n’ait déjà été présent avant sa découverte. S’il fallait décrire l’ambiance du roman, je ferais d’emblée un parallèle entre ce récit, la première saison de American Horror Story : « Murder House » et le film Amityville (2005). Dans les trois cas, une famille emménage dans une nouvelle maison pour y trouver refuge et finit par endurer des tas de tortures psychologiques. Dans La Porte , le lecteur est manipulé et, même si je suis personnellement parvenue à anticiper certains éléments de l’intrigue, je suis restée stupéfaite des événements du récit.

    Memories , Maroon 5

    Bien qu’elle soit déjà sur toutes les lèvres, je voulais intégrer Memories à ma rétrospective parce que cette chanson des Maroon 5 m’a émue dès la première fois où je l’ai entendue. La mélodie, sa sensibilité et la voix d’Adam Levine ont su me transporter. Évidemment, si je la mentionne, c’est aussi parce que les paroles de Memories ont répondu à des sentiments que j’éprouvais, juste au moment où c’était nécessaire. C’est presque la même sensation que lorsque la playlist est en mode aléatoire mais que le morceau suivant est pile celui qu’il fallait, sauf que dans ce cas-ci, je le découvrais seulement. Alors « Here’s to the ones that we got ».

    Toy Story 4

    Pour finir sur une note beaucoup plus douce, j’ai choisi d’évoquer Toy Story 4 , qui a été un électrochoc pour moi. Presque dix ans après le troisième volet, Buzz l’Eclair et Woody étaient de retour pour de nouvelles aventures et il était impossible pour moi de passer à côté de ces retrouvailles. Toutefois, quand on s’apprête à regarder un Disney, on s’attend rarement à être totalement bouleversé. C’est pourtant ce qui a été mon cas. J’ai eu le sentiment que toutes ces années ont permis aux personnages de mûrir et qu’ils sont parvenus à un stade d’amitié tel qu’ils sont capables de prendre des chemins différents sans n’éprouver aucune rancœur. Si les enfants ont aimé le film, ce n’est sûrement pas pour les mêmes raisons que les plus vieux qui, eux, ont dû y voir de belles leçons de vie… et ceux qui ont grandi avec les personnages ont probablement dû verser une petite larme.

    Même rédacteur·ice :

    Mindhunter – saison 2

    De Joe Penhall
    Avec Jonathan Groff , Holt McCallany , Anna Torv
    USA, 2019

    Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile

    De Joe Berlinger
    Avec Zac Efron , Lily Collins , Kaya Scodelario
    USA, 2019
    110 minutes

    La Porte

    De Samuel Palladino
    Rebelle éditions, 2019
    222 pages

    Memories

    De Maroon 5
    Memories, 2019
    222 Records/Interscope

    Toy Story 4

    De Josh Cooley
    Avec Jean-Philippe Puymartin, Richard Darbois
    USA, 2019
    100 minutes

    Voir aussi...