Rédacteur Jimmy Wodon

Rangeur de livres de formation ("bibliothécaire, faut faire des études pour ça ? "), ancien liseur professionnel ("libraire, ça doit être chouette de lire toute la journée") et actuellement fonctionnaire à mi-temps (prof de futurs rangeurs de livres) et rangeur de livres aussi à mi-temps, forcément ; ouf, la boucle est bouclée...

Ses articles

  1. On y revient…
    American Splendor
    Je n’suis pas un héros

    Qu’elles soient anciennes ou plus récentes, il n'est jamais trop tard pour parler d’œuvres qui nous ont marqués. Le feuilleton On y revient... s'y consacre. Aujourd’hui, Jimmy Wodon nous parle d’un film hors normes, American Splendor de Shari Springer Berman et Robert Pulcini.

    Lorsque des papes de la BD underground chère à l’oncle Sam conjuguent leurs efforts sur grand écran, c’est forcément gage de qualité. Mise en abyme vertigineuse de la (très) middle class américaine et démonstration par l’absurde du pouvoir cathartique de l’Art, American Splendor est une de ces pépites expérimentales qu’il est jouissif de découvrir. Fumée blanche pour bulles épiscopales…

    Handicapé émotionnel, pauvre type névrotique à moitié chauve et hypocondriaque sans le sou, Harvey Pekar (humain, trop humain Paul Giametti) mène, ou plutôt subit une existence des plus monotones ; archiviste dans les sous-sols poussiéreux de l’hôpital public de Cleveland, il traîne sa sempiternelle dépression au milieu de ses collègues nerds, de ses multiples prises de bec avec sa femme Joyce, mélange improbable entre Daria l’intello de MTV et Véra de Scooby Doo, et de disques de jazz, dont il est un collectionneur compulsif. Cette vie grise et absurde reprend soudainement des couleurs quand ses scénarios férocement autobiographiques, esquissés pendant ses innombrables heures de glande au boulot, se matérialisent sous les crayons de Gary Dumm, Robert Crumb, Gerry Shamray, Greg Budgett ou encore Kevin Browne et qu’enfin, le succès pointe le bout de son nez !