Rédacteur Noé Gross

Expérimente la nouvelle étiquette étudiant-chercheur à l’ULB en philosophie. Ne cherche pas un masque qui le définirait mieux que les autres. Rassemble écrivains, artistes, penseurs, philosophes, metteurs en scène, musiciens, pour reprendre pied dans nos récits de vie, reprendre notre art de se raconter, poétiquement, politiquement. Lancement d’une émission sur Radio Campus sur ces vies et ces cris qui œuvrent un peu partout.

Ses articles

  1. Retour à Reims,
    sur fond de colère

    Retour à Reims, sur fond rouge arrange musicalement et à travers trois voix un livre aux extraordinaires accents d’actualité mêlant émotions et théorie pour atteindre par leur mélange la politique.

     

    Quelles sont les raisons sociales d’une fuite, d’un départ ou d’une rupture ? Comment doit-on faire quand, soudainement, tous nos passés réapparaissent comme des spectres venus nous hanter ? Que faire lorsque la maison se met à trembler, que ses fondations vacillent, que sous nos pieds s’ouvrent des profondeurs que nous n’avions pas soupçonnées ?

    Lorsque Stéphane Arcas met en scène la voix de Didier Eribon, celle-ci se décuple. Trois voix pour en porter une. Trois voix pour nous faire entendre les cris d’une enfance, les cris de la honte, sexuelle et sociale. Trois voix pour enfin nuire au silence que la honte place en chacun de nous, pour nuire à sa manière de lier nos bouches, d’empêcher la parole. C’est de l’écriture que viennent les courages, c’est par les mots qu’il est possible de tenter de comprendre, de dire et de chercher des vérités. Alors les bouches se délient, les bras se lèvent, les corps se détachent de leur pesanteur et une émotion à faire se soulever le monde s’empare de nous : nos larmes deviennent politiques et de l’accablement naît le désir irréductible du soulèvement.