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Une jeune adolescente, la torpeur des vacances, la chaleur de l’été : Tu dors Nicole de Stéphane Lafleur est une chronique estivale qui nous gagne progressivement par son climat insolite.

Ses parents étant partis en vacances, Nicole, tout juste sortie de l’adolescence, se retrouve seule dans la maison familiale. Elle passe son temps avec son amie Véronique, en attendant nonchalamment leur voyage en Islande. Lorsque son frère musicien et son groupe viennent s’installer dans la maison pour enregistrer, l’été prend une tournure inattendue, cette cohabitation connaissant vite des hauts et des bas. Alors que la chaleur estivale se fait pesante, Nicole se rapproche progressivement du nouveau batteur choisi par son frère.

Durant la projection de Tu dors Nicole, j’ai été surprise de voir bon nombre de spectateurs quitter la salle avant la fin du film. Je me suis alors demandé ce qui pouvait motiver leur impatience. Effectivement, le rythme du film n’est pas très soutenu, il est même, on peut le dire, lent. Stéphane Lafleur a pris le parti de laisser énormément de place au spectateur, à son imaginaire et à sa réflexion. Mais la situation étant ce qu’elle est, soit une jeune femme qui s’ennuie éperdument durant ses vacances, la sensation de lenteur extrême sert assez bien le film. Il reflète la situation frustrante que vit Nicole (incarnée par Julianne Côté).

Tu dors Nicole, voilà un titre qui nous accompagne durant toute la projection. En effet, on se demande si tout ceci n’est pas un rêve. Cette impression est soulignée par l’esthétique du film : la photographie en noir et blanc, la bande sonore décalée concourent à faire baigner dans une ambiance étrange, voire insolite, des situations et des décors qui pourtant nous semblent familiers. On a parfois l’impression de se trouver devant un tableau improbable de Max Ernst. Par exemple, le personnage de Martin (Godefroy Reding) : ce petit garçon, blond et gringalet, a pourtant une voix des plus viriles. Et il est par-dessus le marché éperdument amoureux de Nicole. Voilà qui est déstabilisant, non ?

Nous sommes donc face à un univers étrangement surréaliste, panaché d’humour québécois, décalé certes mais bien dosé. À de nombreuses reprises, on nous met face à des quiproquos qui, s’ils ne font pas rire, font sourire.

Au final, Tu dors Nicole ne s’inscrit dans aucun véritable genre cinématographique. Et si votre impatience ne prend pas le dessus sur votre part d’imaginaire vous vous surprendrez à rester jusqu’à la fin de la projection avec un léger sourire aux lèvres.