Ou 5 films avec des vues du ciel imprenables qui vont vous donner envie d’aller en vacances, mais croyez-nous, vu l’ambiance, vous préférerez éviter !

Les films fantastiques se sont déclinés au fil des décennies en des sous-genres les plus divers. En ces temps d’Ebola et de virus tueurs de poulets, le film épidémique a plutôt la cote. Et pourtant, leurs pitchs ne datent pas d’hier ! Siegle (Body Snatchers, 1956), Romero (Night of the Living Dead, 1968), Wise (The Andromeda Strain, 1971) : ces vieux de la vieille ont aussi connu des résurrections modernes, à toutes les sauces. Voici mon top 5, ou comment les films épidémiques aiment montrer de superbes endroits, avec d’incroyables prises de vue depuis le ciel, mais aussi plein d'infectés, en bas, prêts à vous dévorer, viscère après viscère.

5 : Dawn of the Dead / City trip shopping en banlieue

Remake de 2004 du film éponyme du grand Romero, Dawn of the Dead commence sur les chapeaux de roue, et nous cueille même au réveil : la petite voisine d’Ana fait irruption dans sa chambre et attaque sauvagement son mari. La fuite de la jeune femme l’entraîne dans un centre commercial, qu’elle barricade, aidée de quelques autres survivants. S’ensuit une lutte, à la fois contre les dangers émanant de l’extérieur, mais aussi ceux venant de l’intérieur.

Rien de tel que les classiques, souvent au détriment des remakes. Pas cette fois. Dawn of the Dead n’est pas le chef d’œuvre du siècle, ses personnages sont peu recherchés, l’intrigue est simple, mais le film a le mérite d’exploiter à nouveau la bonne vieille méthode du “Tiens, si on allait se cacher dans un énorme shopping center plein de portes d’entrée et de vitres”. Effets de suspens garantis. Il offre une bonne dose de stress et une grosse louche de boyaux, et c’est à peu près tout ce qu’on lui demande. La fin, complètement tordue, pourra vous convaincre : les films d’épidémie, souvent, c’est un peu “Whaaaat ?”. Et c’est normal, c’est pour ça qu’on les aime.

4 : Blindness / Retraite à Sao Paulo

Aveugles. Voilà le sort de ceux qui croisent la route des quelques superspreaders (individus semeurs de virus) de cette épidémie de cécité. Très vite, ou peut-être pas assez, les contaminés sont mis en quarantaine dans un hôpital. Là, la lutte pour la survie est rude, d’autant que les livraisons de nourriture finissent par s’interrompre, laissant place aux plus abjectes rivalités.

Ouf ! Pas de zombies au programme. Pas de créatures atroces non plus. Une bonne petite perte du sens de la vue (un peu comme dans Perfect Sens, 2011) et toutes les astuces en termes d’image et de son pour permettre au spectateur de se projeter dans la situation. Une esthétique léchée, des jeux sur l’exposition de l’image et la saturation des couleurs, des effets d’ombre et de lumière, pour finalement faire de ce récit une belle réussite. Et puis on ne peut que saluer cette appropriation du film épidémique par Meirelles, qui utilise inéluctablement une narration en réseau, mais atteint tout de même un résultat singulier.

3 : Dead Set (série) / Les vacances au Loft

Le studio de Big Brother, l’émission de télé-réalité qui fait sensation en Angleterre, devient le refuge des seuls survivants à un terrible virus faiseur de zombies. Ils sont dix au total, enfermés dans les méandres infestés du studio télé, et vont devoir résister à l’envahisseur.

Cette série britannique est différente de ses nombreuses cousines américaines : beaucoup plus noire, cynique, et finalement peu tendre, surtout vis-à-vis de ses personnages. Ces derniers sont pour la majorité totalement arriérés, de la pin-up blonde écervelée au producteur avare, et en deviennent horripilant. Mais ce n’est rien. L’héroïne Kelly est là pour rattraper le coup. Et elle n’est pas la seule : le scénario est bien ficelé, et contraste avec les films et séries intègres et bien-pensantes. Ah oui, et rajoutons un peu de gore aussi, pour couronner le tout.

2 : Contagion / Le Tour du monde en 29 jours

Beth revient de voyage et contamine son amant, ainsi que le barman de l’aéroport et une polonaise mannequin, qui elle-même rencontre un type dans l’avion qui part pour le Japon et qui contamine son propre fils, alors qu’au même moment, le mari de Beth rencontre une doctoresse pour ausculter le sien qui ne se sent pas très bien. Et c’est ainsi que le CDC devint le seul espoir de l’humanité.

Soderbergh est passé maître dans l’art du montage sous-tension. Son récit tentaculaire, conformément à la propagation de l’épidémie qui doit, pour être réaliste, bien veiller à n’épargner aucune partie du monde, a tout d’un vrai bon récit palpitant. Les images qui fragmentent les corps infectés, faisant de chaque perle de sueur de véritables torrents de microbes, transformant chaque rougeur en un symptôme effroyable. Idéal pour une soirée un peu morne, un grog à la main.

1 : 28 jours plus tard / Un weekend à Londres

Un type, seul, se réveille au beau milieu d’un hôpital londonien désert. En moins de 10 minutes pourtant, la quiétude laisse la place à la panique : il y a des infectés partout et la sécurité n’est nulle part. En arpentant les rues de Londres, désertes et dangereuses, frôlant Tower Bridge et Westminster, Jim rencontre Selena, pour le meilleur et pour le pire.

Ce film de 2003 n’a pas pris une ride. Le scénario de Danny Boyle est plein de rebondissements, de subtilités, et répond entièrement à la forme canonique du film épidémique. Un mélange bien dosé, à coups de “BOUH ! Je suis un gros infecté et je suis juste derrière toi” et de subtiles critiques du pouvoir politique et policier. On retiendra particulièrement la scène de contamination avec le corbeau comme un chef d’œuvre du genre.

Séduisants plans d’ensemble sur des villes pourtant grouillantes de danger, très gros plans dramatisant sur les malades, insistance sur la propagation et son ampleur, récits alambiqués et personnages nombreux et variés : voilà les quelques ingrédients indispensables pour faire de votre voyage une contagieuse réussite. Ces codes se répètent pour mieux se consolider, et faire de ce sous-genre un vrai créneau pour les producteurs, au grand bonheur des fans. On aime ou on n’aime pas, mais en général, quand on aime, c’est all-in !

Quelques autres voyages pas chers :

  • Invasion of the Body Snatchers, 1956 (1978, 1993) : petit tour du côté de chez nos amis les aliens qui viennent envahir notre propre corps, avec une petite mention pour la version la plus récente d’Abel Ferrara.
  • La série des Resident Evil (2000, 2004, 2007, 2008, 2010, 2012) : avec visite guidée de l’attachante Milla Jovovich.
  • Shaun of the Dead (2004) : parodie savoureuse, à regarder avec une petite Tequila Sunrise, et un joli couché de soleil.
  • Helix (2014) : série qui vous emmène affronter le froid du pôle, et les scientifiques pas très nets.