Mustii devient… musicien, compositeur, auteur et interprète ! Son groupe s’installe dans un univers sombre mais étincelant, froid mais plein de rêves, chaleureux mais blessé.

Les gongs et les chœurs annoncent la voix gorgée du chanteur dans le Studio 4. Les lumières s’élèvent avec l’arrivée épique de l’artiste dans un costume taillé à la mesure du personnage, tissé de noblesse et de vivacité. Les thèmes musicaux sont construits sur la grandeur et les élévations tout en scrutant les profondeurs sonores. Les paroles confessent des expériences universelles, cherchent à relever les déchus, du moins à leur offrir la sensation d’un réconfort…

Face à pareille présence scénique, nourrie par son parcours de comédien et d’acteur (nous avons pu notamment le découvrir dans la Trêve sur la RTBF), défilent des extraits de films retenus par l’artiste lui-même. Et quels extraits ! Entre la cérémonie initiatique d’Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick (1999) comme symbole de luxure, le moment de la tuerie dans Spring Breakers de Harmony Korine (2013) comme étape adolescente et désirable, la scène de domptage de la voiture dans Les nains aussi ont commencé petits de Werner Herzog (Auch Zwerge haben klein angefangen, 1970) qui témoigne de la révolte, et la scène terminale de Melancholia de Lars Von Trier (2011) comme écho de la Safety Zone : toutes ces scènes sont fortes et riches.