Bad Magic, le nouvel album de Motörhead, sort en septembre. C’est peut-être le dernier. Rien de nouveau sous le soleil si ce n’est peut-être une reprise de Sympathy for the Devil qui est plus dans l’esprit de la version originale que de la version jouée en live par les Stones cet été.

Avec l’allongement de l’espérance de vie, on assiste à un phénomène assez curieux dans le rock. Les plus endurcis des piliers des groupes des seventies, voire des sixties, sont toujours en activité. Eric Clapton et Pete Townsend viennent de fêter leurs cinquante ans de carrière et leur septantième anniversaire. Mick Jagger court toujours plusieurs kilomètres à chaque concert des Stones. Il a soixante-douze ans. Et si les performances d’Iggy Pop sont moins dangereuses qu’aux débuts des Stooges, elles ont de quoi faire frémir la majorité des papys qui ont soixante-huit ans comme lui.

Lemmy Kilmister
Lemmy Kilmister

Faut croire que la drogue de l’époque avait moins d’effets secondaires que celle d’aujourd’hui et puis, « ce qui ne te tue pas te rend plus fort ». C’est en tous cas l’avis de Lemmy, le plus brutal des septuagénaires en activité qui affirmait récemment qu’il prenait jadis du speed sous acide tout en concédant qu’il était passé ces derniers temps du Jack Daniels à la vodka pour boire moins sucré…

On a tout dit sur cet OVNI qui a été roadie de Jimi Hendrix avant de rejoindre les cintrés de Hawkwind (à ceux qui ne connaissent pas et voudraient se faire une idée, on recommande Space Ritual, double live de 1973), puis de fonder Motörhead : un des rares groupes qui, à ses débuts, réunissait des punks et des hard-rockeurs dans son public.

Qu’est-ce qu’on pourrait dire de Bad Magic, le vingt-deuxième album studio du groupe qui sort en septembre ? Que c’est le meilleur depuis vingt ans ou que c’est une énième resucée des vieilles recettes ? Que la pêche est intacte ? Que les musiciens sont impériaux ou qu’ils n’arrivent pas à la cheville du line up original ? Que cette fois-ci c’est le dernier et que c’est une façon vachement classe de tirer sa révérence, ou que le prochain sera encore meilleur ?

On alors on se contente de pointer le dernier titre de l’album (le treizième) : Sympathy for the Devil, une reprise des Stones. Un titre conçu à sa sortie pour faire peur aux hippies et les renvoyer fissa à la bergerie mais qui, chanté par les Stones d’aujourd’hui, sonne comme une farce de prime time avec confettis. Qu’est-ce que ça donne ? C’est lourd, moite, torve et saturé. Le batteur mouline, le guitariste est coincé dans les aigus et la basse fait swinguer le tout. Et puis Lemmy balance les paroles avec son timbre sourd (son timbre de sourd ?). Il est calme, précis, lent et implacable, pas perturbé par le boucan des deux autres. Et il retrouve l’esprit du morceau : sale, glauque et flippant. Voilà ce que ça donne :

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Motörhead Bad Magic Warner Music, 2015