Rencontre avec Corentin Van Droogenbroek, alias Subjective Vibes, présent toute cette semaine dans la galerie Karoo.

Cette semaine dans la galerie Karoo, nous découvrons trois morceaux que tu as composés. Comment définirais-tu ton style de musique ?

Je produis ce qu’on appelle de la psytrance (transe psychédélique). C’est un style aux influences diverses : psychédélique, techno, acid, rock... C’est une musique qui porte bien son nom : elle provoque une vibration, une sensation typique qui, par ses nombreuses montées et mélodies accompagnées d’une ligne de basse groovy, fait inévitablement bouger son auditeur. Ce courant possède sa propre histoire : elle a pris vie dans les années 1990 en Israël puis en Europe durant le mouvement rave initié pendant la seconde moitié des années 1980. La psytrance, c’est un peu comme du rock psychédélique orchestré par des robots.

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Corentin Van Droogenbroek, aka Subjective Vibes

Comment en es-tu arrivé à produire de la psytrance ?

Faisant partie d’un groupe d’amis passionnés de musique, je m’étais tourné vers le rock et le métal pour, petit à petit, découvrir la musique électronique qui est à mes yeux une suite logique à la musique « traditionnelle ». À ceci près qu’elle permet facilement de travailler le son plus en profondeur. Et parmi beaucoup d’autres styles, c’est la psytrance qui m’a fait le plus vibrer.

Quelle est ta manière d’envisager la composition ?

Ça peut commencer par une simple idée de mélodie, ou de nappes de claviers pour, par la suite, ajouter les différents éléments qui composeront l’arrangement, tout en gardant à l’esprit que tu n’arriveras jamais au même résultat que ce que tu avais en tête au départ.

Avec quel matériel crées-tu ta musique ?

Je compose avec Ableton Live, un programme de composition et d’arrangement de sons. J’utilise des synthétiseurs digitaux, software (sur ordinateur) et hardware (instrument « physique »). Il m’arrive aussi d’enregistrer des échantillons de guitare ou d’autres instruments traditionnels, tels que la guimbarde.

Que penses-tu de la manière dont la scène psytrance a évolué au fil des années ?

C’est très intéressant de voir comment on est progressivement passé de la Goa trance (première vague du style « Psy ») à un son plus épuré, plus accentué. J’aime les artistes qui essaient de sortir des formats de base, qui tentent de sortir du cadre et qui ne partent pas du principe qu’ils vont nécessairement composer de la psytrance typique : j’entends par là cette musique radiophonique pop ultra-normée. L’évolution, c’est comme pour tout, il y a du bon et du mauvais. Certains tombent malheureusement dans le piège de créer pour un certain public, et pas avant tout pour eux-mêmes.

Quelles sont tes influences musicales ?

Astrix, Punchline, Electric Universe, Space Tribe, qui sont des grands noms de la scène psytrance internationale. Ce sont des artistes qui m’ont donné l’envie de créer dans ce style de musique. Leur approche de la psytrance, leurs arrangements, leur netteté m’ont parlé et ont directement éveillé mon intérêt pour ce milieu.

Qu’en est-il des autres styles de musique ?

J’ai commencé, durant mon adolescence, à écouter The Offspring, pour arriver au rock et au heavy metal, avec des artistes tels que Iron Maiden, W.A.S.P., Leatherwolf, Velvet Revolver. C’est la puissance dont ces artistes font preuve que j’ai voulu réitérer dans ma musique.

 

Tout autre chose...

Si tu devais conseiller un roman, un seul ?

N’étant pourtant pas un grand lecteur, j’ai tout de même un ouvrage qui restera marqué dans mon esprit : Derrière la vitre de Robert Merle, un ouvrage précédant de peu la crise de mai 68 à Nanterre. J’ai toujours été très intéressé par cette période et ce livre montre bien l’état d’esprit d’une jeunesse en approche d’une révolution des consciences dans la société.

Graffiti antimilitariste de Banksy réalisé sur le mur de Béthléém.
Graffiti antimilitariste de Banksy réalisé sur le mur de Bethléem.

Un film ?

Still Crazy réalisé par Brian Gibson. Il s’agit d’une fiction relatant l’histoire d’un groupe de rock des années 1970 voulant se remettre dans le coup après plusieurs années d’absence. Je le regarde toujours avec autant de plaisir et il reste un de mes films favoris.

Un peintre, un photographe, un plasticien ?

Banksy. Je trouve que toutes ses créations sont très parlantes. D’un coup d’œil, on comprend directement où il veut en venir et à quoi il veut qu’on réfléchisse. Il m’est difficile d’expliquer plus clairement ce qui m’attire dans ses peintures. J’accroche en tout cas à fond.

Un album ?

666.667 club de Noir Désir. Sans doute mon album fétiche du groupe.