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Un continuum de volutes

« Oh je m’en souviens très bien... ». 28 février 1991. Serge Gainsbourg achète son tout dernier paquet de cigarettes. Philippe Katerine, qui y était, relate sa rencontre avec le grand Serge...

Entre achat de cigarettes (Gitanes pour l’esthète de la rue de Verneuil, Lucky pour le jeune Katerine), nonchalance et réflexions existentielles (« qu’est-ce que ça aurait pu lui foutre au fond que je fasse des chansons ? »), Katerine se retrouve spectateur privilégié de l’ultime apparition de Serge Gainsbourg. Celui-ci n’est alors plus qu’un spectre ambulant. Mais l’aura qui l’entoure demeure intacte.

Dans une posture de détachement complet, l’élève préfère rester spectateur, épiant et suivant le maitre jusqu’à sa demeure, à défaut de l’aborder et d’échanger quelques banalités avec lui. Respect absolu. Et de toute manière, qu’en aurait-il eu à foutre ?

Cette chanson de 2005 est un très bel hommage rendu à Gainsbarre. Le texte - à la scansion complètement bancale, bien loin de celle de Melody Nelson - de Katerine est magnifiquement soutenu par la musique, rapidement obsédante, du collectif anglais The Herbaliser. En fait, la boucle qui est jouée ad nauseam est la reprise de la partie mélodique de Flash Forward, la chanson de Gainsbourg qui figure sur l’album L’Homme à tête de chou.

Serge Gainsbourg est mort le 2 mars 1991, soit trois jours après cette rencontre fictive.