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J’écoute pour l’instant le CD bonus des BBC sessions de Bowie. Un live où il parcourait sa carrière. Ce n’était pas dans les habitudes du bonhomme toujours plus prompt à se réinventer qu’à se replonger avec nostalgie dans son passé.

Il était curieux de tout, comme Mick Jagger, mais lui a toujours réussi ses mutations. Bowie était la générosité même quand il s’agissait de sortir quelqu’un du trou. Il a offert All the Young Dudes à Mott the Hoople. Il a relancé Lou Reed qui ne parvenait pas à se dépêtrer du trauma post-Velvet. Et il y a gros à parier que s’il ne l’avait pas pris en main, Iggy Pop en serait encore à se taper la gueule contre les murs matelassés d’une chambre louée à vie dans un hôpital psychiatrique.

J’ai découvert Bowie avec Let’s Dance, l’album qui venait de sortir. À l’époque, j’écoutais du binaire et des guitaristes virtuoses (ou chiants, c’est comme vous voulez). J’ai accroché très vite. D’abord par ses guitaristes. Sur Let’s Dance, c’est Stevie Ray Vaughan qui s’y colle, avant la sortie de son propre premier album ! Mais THE guitarist de Bowie, c’est bien entendu Mick Ronson. David l’adorait. Tout le monde l’adorait et connaît le cliché célèbre pris pendant la dernière tournée Ziggy Stardust :11588343_1

Bowie dérangeait, c’est sûr. On se souvient de l’anecdote de ce crétin de Sinatra qui aurait refusé que Bowie joue son rôle dans un biopic au prétexte qu’il ne voulait pas être incarné par une tarlouze. Quel con. Faut dire que passer sa vie avec des mafieux en sifflant du whisky avec Dean Martin, ça ne rend pas perspicace.

J’écoute toujours du binaire et des guitaristes volubiles, mais j’ai élargi mes horizons et Bowie a toujours été de bon conseil : via ses albums, bien entendu, mais aussi en creusant les productions des gens dont il s’entourait. Le dernier album qui tourne en boucle ne fait pas exception. Je me réjouis de découvrir les représentants de la scène jazz new contemporaine qui jouent sur Blackstar.

Terminons par une rareté. Quand Bowie abandonne son personnage de Ziggy sur scène, Jeff Beck, une idole commune à Ronson et à lui, monte sur scène pour deux titres : Jean Genie/Love Me Do. La séquence est supprimée de la vidéo officielle du concert (Beck n’aimait pas ses fringues). Mais on la trouve sur Youtube. La vidéo est pourrie, mais la journée aussi.

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