Entre le 6 et le 10 juin de cette année, le théâtre des Brigittines a accueilli le nouveau spectacle d’Ingrid von Wantoch Rekowski, BUG, une révision du quatuor à cordes où les corps deviendraient les instruments d'une partition diabolique.

 

Leur quotidien est bien réglé. Ils répètent les mêmes gestes aux mêmes heures. Une mère, un père et leur fils. Des repas comme une litanie de la vie de tous les jours. On tient son rôle, on crie, on crise. La famille plaque des obligations et des interdits, elle norme les comportements, elle enferme dans des postures. Tout ceci semble si bien huilé, avec sa dose autorisée de drame. L’enfant turbule et pianote sur la table comme sur les touches d’un clavier invisible. Mais la musique est déjà là depuis le début du spectacle sans qu’on y ait fait attention. Elle nous paraît si familière. Maintes fois nous l’avons entendue et même jouée. Les sons de la vie se mêlent et créent des ritournelles. Cette musique concrète, par la répétition de motifs, convoque la répétition tout court. Les personnages se lassent dans ce carcan parfaitement calibré. Et un nouveau personnage apparaît. Ange caché sous des traits féminins et une robe blanche, il vient dérégler cette mécanique familiale.