Une scène, un rideau rouge et des veilleuses allumées au sol. Le public s’installe, prêt à être émerveillé. Le ciel s’ouvre et le texte d’Ascanio Celestini atterrit sur le plateau comme une pierre qu’on aurait balancée contre une vitre. Un météorite qui serait à l’origine d’une histoire : Laïka.

David Murgia entre en scène comme une tempête et nous arrache de notre siège pour nous emmener dans le tourbillon de son discours, rapide, puissant, hypnotique. Et avec cette urgence presque agressive, sans qu’on ne s’en rende compte, on nous parle de Dieu, qui se trouve au commencement de tout. Ainsi, le récit prend directement un air mythique et religieux.

Deux réalités s’entremêlent constamment : le discours biblique (les saints, les miracles) et la vie courante (le supermarché, le bar, l’entrepôt). Ce mélange se présente non seulement dans le texte mais aussi dans le traitement de chaque personnage, où un clochard et une prostituée sont aussi importants que saint Antoine et le pape. Tout s’amalgame et fait partie de la vie, une vie où Dieu est présent du début à la fin. Pourtant, il demeure absent.

En effet, le traitement que le texte de Celestini fait de Dieu est une des choses les plus intéressantes de la pièce. Son existence n’est pas contestée ; il est bien là, il n’a juste pas le temps pour nous. Il est omniscient et omnipotent, mais il est aussi colérique, injuste, et un « petit peu salaud quand même ». Personne n’est parfait.