critique &
création culturelle

Karoo en été

Les films à ne pas manquer

Sun Screens (Palace), Raging Summer (Flagey) et projections en plein air (Grignoux, Nova) : nos cinémas indépendants mettent les bouchées doubles pour proposer des films de qualité tout au long de l’été ! La rédaction a épluché les programmes et dressé sa liste d’évènements à ne pas manquer, entre sorties, plaisirs coupables et classiques intemporels.

Orphan

Les enfants du silence

Dans Orphan, László Nemes revient à la Hongrie de l’après-1956 sans jamais filmer directement la révolution qui la traverse. À travers le regard d’un enfant, le film explore moins l’événement historique que ses répercussions invisibles : celles des secrets, des silences et des récits fragmentés. Une œuvre sur ce que l’Histoire transmet sans jamais complètement le dire.

Die My Love

De la nécessité d'être vu

Souvent réduit à un récit sur le post-partum, Die My Love mérite pourtant une lecture plus vaste. À travers une réalisation saturée et profondément sensorielle, Lynne Ramsay traduit le lent effacement de Grace en une réflexion sur un besoin aussi intime qu'universel : celui d'être vu pour continuer d'exister.

The Beloved (El ser querido)

Aux limites du pardon

The Beloved, dernier film de Rodrigo Sorogoyen, met en scène les retrouvailles d'Esteban Martínez, réalisateur couronné de succès, et de sa fille, Emilia, née d'une première union. Mais le temps ne semble pas avoir effacé les plaies, et les grains de sable se perdent aux creux des yeux. Entre rancœurs et souvenirs enfouis, Javier Bardem, Victoria Luengo et Marina Foïs portent un drame intime où présent et passé se heurtent jusqu’aux frontières du Sahara.

Incendies de Denis Villeneuve

Pourquoi Incendies brûle encore quinze ans plus tard

Quinze ans après sa sortie, Incendies revient sur grand écran dans une restauration 4K qui dépasse largement la simple opération patrimoniale. L'occasion de redécouvrir le film le plus intime et peut-être le plus bouleversant de Denis Villeneuve, une tragédie moderne dont les blessures semblent plus vives que jamais.

Amour apocalypse d’Anne Émond

La chute d’un morse

Film remarquable de la réalisatrice montréalaise Anne Émond, Amour apocalypse a fait une apparition éclair dans nos cinémas avant de disparaître aussitôt, suscitant des amours aussi incertains que son titre le suggère. C’est pourquoi, comme pour son héros atypique prénommé Adam, il importe de s’en emparer… Même quand il ne s'apparente à rien d'autre qu'au numéro d’assistance téléphonique d’une marque douteuse dénommée PolarLux.

Orwell: 2+2=5 de Raoul Peck

Quand le documentaire sature pour mieux dénoncer

Avec Orwell: 2+2=5, Raoul Peck explore les mécanismes de la vérité et de la propagande à l’ère de la surinformation. Mais à force d’embrasser le trop-plein d’images et de récits, le film altère aussi sa forme en miroir du chaos qu’il dénonce.

The Drama

Comment choquer tout en faisant rire

Zendaya et Robert Pattinson sont réunis dans la dernière comédie romantique de Kristoffer Borgli, The Drama, pour nous offrir un film surprenant qui pousse à la réflexion tout en laissant place à un humour noir et décalé.

Beef saison 2

Quand la colère ne crie plus

Dans sa deuxième saison, Beef abandonne la rage explosive de ses débuts pour disséquer quelque chose de plus insidieux : le ressentiment silencieux d’une génération épuisée. Entre satire sociale, autopsie du couple moderne et critique d’une méritocratie inaccessible, la série transforme chaque silence en champ de bataille émotionnel.

A Flower of Forgetfulness de Apichatpong Weerasethakul

Mémoire vive sur fond blanc

Certains spectacles racontent une histoire, d’autres agissent comme un rêve fiévreux. A Flower of Forgetfulness appartient à cette seconde catégorie. Conçu spécifiquement pour le décor baroque des Brigittines, le spectacle du cinéaste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul nous fait traverser des lieux, des images et des sensations. Autant de fragments de mémoire en suspension.