D’Histoire d’Adèle H à l’Homme qui aimait les femmes, le cinéma de François Truffaut est peuplé de personnages habités par une idée fixe. Le plus singulier de ces grands monomanes est sans conteste Julien Davenne, le héros de la Chambre verte, un de ces films qui nous happe dans une telle tragédie qu’on ne sait comment en sortir.

Pendant huit semaines, des étudiants de la filière Elicit de l’ULB mettent à l’honneur l’œuvre de François Truffaut, un réalisateur qui a bouleversé les codes du cinéma. Des coups de cœur, des scènes cultes, des analyses… tout pour partager avec vous l’art d’un des chefs de file de la Nouvelle Vague. Un nouveau feuilleton signé Karoo !

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Julien Davenne est journaliste au Globe où il tient la rubrique nécrologique. Sa femme est décédée et il continue d’entretenir sa chambre, qu’il a aménagée à sa mémoire. Il est hanté par une véritable obsession : il ne veut en aucun cas qu’on oublie les morts, et entretient tant qu’il peut leur mémoire. Lors d’une vente aux enchères, il rencontre Cécilia, qui porte elle aussi un amour fétichiste aux disparus.

Julien (interprété par François Truffaut lui-même) nous entraîne avec lui dans la mélancolie et la tristesse, et pousse nos tripes à ressentir les mêmes sensations que lui à travers son obsession pour les disparus. Quand je pense à ce film, je pense au sinistre, à la mort, mais à une mort qui laisse comme une trace magnifique, belle. Parce que, comme le dit Julien, les morts ne le sont pas vraiment, ils ne le sont que dans notre cœur. Si nous décidons de ne pas les oublier, alors ces disparus ne mourront jamais.

C’est ce que fait Truffaut tout au long de la Chambre verte, en allant jusqu’à construire un temple aux disparus où chaque chandelle représente une personne, mais également en accrochant au mur chaque portrait des disparus. Cécilia (Nathalie Baye), lumineuse, apporte au film une certaine chaleur. Elle nous permet de respirer quand Julien nous emmène trop loin, trop profondément.

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La Chambre verte se présente comme un carnet intime qui nous livrerait les pensées les plus profondes, les plus personnelles d’un personnage, celles qui nous font froid dans le dos. La mort est là, partout, elle nous entoure. Comment la surmonter et comment vivre avec elle ? Tel est le sujet du film qui se termine, comme il se doit, par la mort de son héros.

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La Chambre verte Librement inspiré de trois nouvelles d’Henry James France, 1978 Avec François Truffaut, Nathalie Baye 94 minutes