Cet été, Aylin Manço nous guide dans la jungle des séries animées. Objectif : faire le tri parmi la multitude de propositions. C'est au tour d'Over the Garden Wall de passer à la moulinette. 

 

Somewhere, lost in the clouded annals of history lies a place that few have seen- a mysterious place, called the Unknown, where long-forgotten stories are revealed to those who travel through the wood.

Épisode premier, Over the Garden Wall, Cartoon Network.

 

 

Wirt et son petit frère, Greg, sont perdus en forêt. D’où viennent-ils ? Où allaient-ils avant de se perdre ? Pourquoi est-ce que Greg a une théière sur la tête ? Ce n’est pas clair... Perdus dans le monde inquiétant de l’Inconnu, ils cherchent à rentrer chez eux avec l’aide de Beatrice, une jeune femme qu’une malédiction a transformé en merle bleu.

C’est un conte classique : un jeune héros se perd dans un autre monde, affronte diverses épreuves, croise une galerie de personnages, alliés ou ennemis, puis rentre chez lui changé et grandi. Ici, Wirt apprend à s’affirmer et à prendre soin de Greg, son petit frère facétieux.

L’originalité est que, si le cadre et les personnages secondaires sont tout droit sortis d’un conte de Grimm (un vrai conte, qui fait peur), les trois personnages principaux et leurs relations sont d’un réalisme émotionnel extrême. Deux garçons on ne peut plus ordinaires, un adolescent angoissé et un gamin farfelu et hyperactif : les voilà soudain jetés dans un monde inconnu et effrayant avec un oiseau sarcastique comme unique guide. L’opposition entre la logique de ces deux humains, de chair et d’os, face aux archétypes de contes de fées crée un décalage génial.

« Tu crois que c’est un fou à la hache qui attend ses victimes innocentes tapi dans l’obscurité ? » demande Wirt à son frère en découvrant la silhouette d’un bûcheron dans les bois.

Over The Garden Wall est une mini-série complète en dix épisodes de douze minutes. Pat McHale, le créateur, cite des influences allant de Gustave Doré aux tout premiers cartoons de Walt Disney (Alice’s Wonderland) en passant par les albums pour enfants du début du XXe siècle. Les épisodes sont émaillés de courtes chansons toutes de styles différents : de l’opéra au cabaret en passant par la musique traditionnelle d’Europe de l’Est. L’écriture est également variée, on passe des blagues les plus potaches à des passages lyriques, voire carrément inquiétants. L’ensemble est à la fois éclectique et parfaitement assorti, chaque détail contribuant à l’ambiance douce-amère de ces bois.

Over the Garden Wall, c’est le monde tapi derrière la haie du jardin de votre maison d’enfance, dans le crépuscule d’une fin d’automne, quand les ombres étaient des monstres et que l’Inconnu existait encore.

 

Par où commencer ?

Par le début !

Si vous ne deviez regarder qu’un seul de tous les dessins animés que je vous conseille cet été, ce serait celui-ci. À bien des égards, c’est le plus accessible de tous. En dix épisodes de douze minutes, ça peut se regarder en une seule soirée, comme un film. Laissez-vous emporter !

 

 

En savoir plus...

Over the Garden Wall

Créé par Patrick McHale
Avec les voix de Elijah Wood, Collin Dean, Melanie Lynskey, Christopher Lloyd…
États-Unis, 2014
10 épisodes