Cinq films sont absolument inévitables pour tous ceux qui désirent se plonger dans l’univers des zombies, autrement dit dans une dimension où les principaux protagonistes sont uniquement affamés de cervelles. Car ces cinq films sortent un peu du lot ; à leur manière, ils ont renouvelé un genre qui semblait se refermer sur lui-même.

5 : REC (2007), P. Plaza et J. Balagueró

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Un film espagnol qui prend le parti de la caméra à l’épaule, l’esthétique du reportage, et l’atmosphère oppressante d’un immeuble en quarantaine. Nul besoin de rajouter à cela le fait d’être claustrophobe pour sursauter à chaque mouvement de caméra qui, à tout moment, peut s’arrêter sur les yeux brillants d’une effrayante ombre contaminée. Le malaise viendra aussi des mouvements des êtres, d’abord lents et figés, pour violemment se précipiter, depuis le bout du couloir sombre, sur le spectateur. Nous vous laissons découvrir le reste de l’histoire, mais ne vous attendez pas à y croiser des zombies traditionnels…

4 : Braindead (1992), P. Jackson

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L’un des premiers films de Peter Jackson, avant son petit tour en Terre du Milieu. Très exotique, et prenant pour cadre la Nouvelle-Zélande, le film suit les péripéties d’un héros lâche et faiblard, face à la diffusion d’un terrible virus transmis par un sing-rat de Sumatra (ça ne s’invente pas). Il y a cette volonté d’assumer une série Z gore, teintée d’un humour parodique aussi jouissif que dérangeant : une tondeuse qui se transforme en hachoir pour morts-vivants, ou encore un couple contaminé dont les ébats donnent naissance à un enfant-zombie. Les exemples sont multiples ; retenons que ce film fut considéré par certains comme le plus gore de tous les temps, et nécessita des centaines de litres d’hémoglobine. À ne pas visionner au dîner, quoique…

3 : Dawn of the dead (2004), Zack Snyder

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Un des remakes du film de maître Romero. Enfin une œuvre qui nous apprend à nous méfier des enfants : tout va bien dans la petite banlieue américaine, jusqu’à ce qu’une petite fille qui n’a rien de mignon vienne vous dévorer le visage. Plutôt classique dans son contenu, c’est du côté de son contenant, et par quelques fulgurances, que le film se démarque : la scène perturbante du bébé zombie, l’esprit particulièrement survival du groupe (qui n’est pas sans rappeler The Walking Dead, qui sortira plus tard), ainsi que la réalisation très inspirée, soignée, et dynamique de Snyder, qui donne à voir un “beau” film apocalyptique, avec des zombies esthétisés, dans lequel il n’est pas difficile de s’immerger instantanément.

2 : 28 days later (2002), D. Boyle / 28 weeks later (2007), J.C. Fresnadillo
Deux films, oui. Le premier opus et sa suite, indissociables. 28 days later popularise le concept de « zombies qui courent » et donne une dimension dramatique et humaine à l’épreuve vécue par ses protagonistes, loin de l’atmosphère uniquement tournée vers l’horreur d’autres films du genre. La dimension sociale du zombie décérébré fait place au drame humain de la reconstruction et de l’identité de l’humanité. Danny Boyle a décidé pour ce film de nous exposer un Londres « horrifiquement » vide, qui provoque une gêne chez le spectateur, aspiré par le vide, mais aussi inquiet de voir sortir à tout moment, de n’importe où, un zombie.
La suite, très différente, est néanmoins une réussite, non seulement comme « film » mais aussi comme « suite » : le scénario est épuré, mais la réalisation est particulièrement travaillée et octroie à la situation exposée l’ampleur et l’émotion qu’elle mérite. C’est à nouveau l’histoire d’un échec humain, et le spectateur assiste véritablement et visuellement à un pandémie très spectaculaire : une scène, qui relève du chef-d’œuvre, expose des snipers sur les toits d’immeubles qui suivent des yeux une foule composée de personnes infectées et de personnes saines, et qui doivent abattre les premières pour protéger les secondes, tandis que le virus et les agressions se répandent au sein des gens qui fuient pour leur vie. Les thèmes du premier film sont conservés, mais prennent un degré supérieur, notamment grâce à la scène finale.

Scène culte :
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1 : Land of the dead (2005), G. Romero
Bien évidemment, en tête de liste, un film du chef de file. Il s’agit d’un des nombreux opus de la saga des morts-vivants, commencée en 1968 et toujours en cours aujourd’hui. Il n’est pas simplement un film parmi d’autres, interchangeable et sans originalité véritable. De nombreuses innovations sont proposées, comme la cohésion des zombies, qui arrivent à communiquer entre eux, ou encore l’exposition d’une société décadente et parfaitement inégalitaire. Bien qu’elle soit au bord de la destruction et sous la menace constante de hordes de monstres, le spectateur est en réalité renvoyé à son propre monde : alors que les survivants tiennent tant qu’ils peuvent à l’intérieur d’une ville protégée par un bras d’eau, les zombies se rapprochent, mais les hommes, à l’intérieur, sont trop aveuglés par leur confort personnel et les problèmes internes pour anticiper la menace. Dans cette société, les riches sont rares et puissants, et les pauvres sont la masse aux abords des beaux buildings, comme un mur humain entre les dirigeants et les zombies. La perte de l’humanité vient ici de plusieurs fronts, dont le pire n’est pas le plus évident ni le plus monstrueux. Romero revient de manière particulièrement claire sur sa critique de la société, engluée et décérébrée, avec un ton plus ferme et des problèmes réactualisés, encore plus proches de notre réalité.

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