Un feuilleton analytique en 9 épisodes sur la série TV mythique Twin Peaks, centré sur la sortie de la très controversée saison III quasi trois décennies après le big-bang initial… et conçu sous forme d’échanges entre le poète/performer Vincent Tholomé et le romancier Philippe Remy-Wilkin.

Épisode 5.

Vincent : (…) poursuivrai donc, en petit âne têtu, mes hypothèses toute personnelles quant à Twin Peaks, tant il y aurait encore des choses à dire ou à creuser.

Hypothèse 3 : et si Twin Peaks fonctionnait comme une forêt de symboles plutôt que comme un bosquet de signes ? Vague souvenir d'avoir lu, il y a très longtemps, des propos d'Umberto Eco à propos de la différence entre « symbole » et « signe ». Du coup, il se pourrait que j'invente ici cette différence. Il se pourrait que je fasse ici écho à des propos qu'Eco n'a jamais tenus, jamais écrits. Pas grave. Je répercute tout de même ce souvenir qui, peut-être, est entièrement fictif, inventé ! Ça disait donc quelque chose comme ça : on n'épuise pas le sens d'un symbole ; on n'a jamais fini d’en faire le tour ; on y projette des choses, des bribes de sens, nous, les regardeurs, les lectrices, les créatrices, les auditeurs ; bref, le symbole est une énigme qui ne demande pas à être résolue mais qui nous « active » - pour peu, bien sûr, qu'on y soit réceptif, réceptive -, nous demande d'agencer, en nous-mêmes, par nous-mêmes, ce symbole à d'autres bribes, souvenirs, images floues, vagues théories venant d'ailleurs, croyances, bouts de fictions, etc., afin que ce symbole « fasse sens », agisse en nous, profondément, nous « fasse avancer », personnellement ; bref, contrairement au signe, le symbole n'est pas qu'une façon de goûter « esthétiquement » un objet, le symbole n'est pas qu'une affaire esthétique mais, pour peu qu'on y soit hyper sensible, le symbole peut nous toucher de façon très profonde, inconsciente parfois, modifiant nos perceptions, nos conceptions des êtres et des choses. Bref : ne vais pas aller plus loin dans cette différence entre « signe » et « symbole ». Espère que le peu que j'en dis ici suffit à faire percevoir une différence entre eux.

Phil : Je crois percevoir ce que tu veux dire… tout en me demandant si cela ne concerne pas les éléments constitutifs de toute œuvre d’art. Tout texte d’un certain niveau regorge de symboles. Il n’est qu’à songer à l’exégèse, qui n’a de cesse de lire et relire les textes sacrés par exemple, la Bible, etc., en y découvrant de nouvelles interprétations. Mais je songe aussi à Perceval, Œdipe, etc. Est-ce à dire qu’une œuvre qui regorgerait de symboles tendrait à la dimension artistique ? Tu me fais douter. Mais je ne crois pas. Parce que, sinon, tout discours abscons, toute œuvre ésotérique… Or on ne doit pas oublier ce que disait l’autre : « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire, etc. » Non que je sois tout à fait d’accord avec cet estimable collègue (Boileau ?), non mais tout de même… Ta réflexion interpelle et renvoie à ton appréhension globale de cette saison. D’où cette question : une œuvre médiocre peut-elle susciter de productives cogitations chez un récepteur prédisposé ? Ma réponse est « Oui ! », j’en ai parlé dans un épisode précédent. Au fond, sur le même principe du mal qui génère un bien. Une femme perd son mari après trente-cinq ans de mariage, elle l’aimait, est très peinée mais se met ensuite à réaliser des rêves de jeunesse, retrouve un nouvel élan. Un type perd son travail de fonctionnaire, panique puis décide de créer la petite entreprise dont il rêvait. Etc.

Vincent : Ce que tu dis me fait penser, quant à moi, à la poésie dite minimaliste, tu sais, le genre de trucs avec quelques mots par page, faisant de chaque vers, ou quasi, une énigme totale. Poésie se présentant comme profonde parce qu'énigmatique. Poésie ne fonctionnant que parce qu'elle nous invite, nous, lectrices, lecteurs, auditrices, auditeurs, à y trouver du sens. Possible que TP III fonctionne à la manière de ces œuvres minimalistes, alors, oui. En tout cas, la saison III fonctionne comme un dispositif minimaliste, je pense, une machinerie – ou une machination – nous invitant à combler les trous ou à créer des ponts entre des éléments de récit à peine ébauchés parfois ou débouchant sur rien d'autres fois.

Bref, toute cette dérive à propos d'Eco pour dire que TP III, le sens global – non pas le sens spécifique de telle ou telle scène, non pas le rôle que jouerait telle ou telle scène dans l'économie générale du récit – attaché à TP III, pourrait, selon mes agencements tout personnels, s'appréhender à partir de cette différence-là, entre « symbole » et « signe ».

Il faudrait reprendre ici les choix délibérés de Lynch et de Frost – lenteur extrême, frustration des spectateurs et spectatrices, héros qui n'ont rien d'héroïque, personnages captés dans leur vie quotidienne plutôt que selon leur place dans l'économie du récit, etc. -, les examiner un à un, dire en quoi ils relèveraient de cette différence. En tirer alors d'autres hypothèses. En tirer aussi une conclusion. Ne rentrerai pas dans les détails, tu t'en doutes bien : ça me prendrait des pages et des pages. Me contenterai, dès lors, d'indiquer les grandes lignes – les idées, a priori, qui me viennent à l'esprit, sans aller « vérifier sur place », sur le motif comme on dit, la véracité ou la plausibilité de l'affaire.

Hypothèse 3.1. : de l'intense frustration des spectateurs et spectatrices. À propos des fictions, de notre goût pour les fictions, séries, BD, romans, etc., j'en suis arrivé, pour ma part, au fil du temps, à penser ceci : on est de grands enfants, on aime être menés par la main, on aime qu'on nous mâche le travail, on attend que les auteurs, autrices, réalisateurs, réalisatrices nous concoctent de petites machines qui fonctionnent à merveille, c'est notre plaisir esthétique : constater combien la mécanique est huilée, les persos attachants - ou repoussants, ce qui, sans doute, est encore de l'attachement -, constater combien l'auteur ou l'autrice manipule avec art ses outils. Cet amour que nous portons à l'objet esthétique relève tout de même d'une sacrée dépendance : tout, dans ce plaisir esthétique-là, dépend de l'objet, dépend de l'auteur/autrice. Nous n'y avons pas – ou peu – de place. Nous sommes des consommateurs, des consommatrices ingurgitant, avec délice, film sur film, livre sur livre.

Je pose ici l'hypothèse suivante : dans TP III, Frost et Lynch jouent sciemment avec nos nerfs, nous frustrent grandement (quitte à nous larguer, quitte à ce que nous larguions la série) parce que Frost et Lynch ont tenté de créer une saison III qui fonctionnerait comme un miroir, nous renvoyant, sans le dire, sans le mettre en scène, rien que par les choix narratifs et les dispositifs mis en place, une image de nous-mêmes en êtres dépendants, consommateurs/consommatrices de fictions.

Phil : Faudrait voir comment le travail narratif s’est réparti. Il est possible que Frost, plus normatif pour ce que j’en sais (j’ai lu deux de ses romans jadis), ait écrit un récit plus normé explosé par Lynch. Mystère ! Ou Frost, échaudé par la collaboration (simple hypothèse !), a jeté quelques idées, placé son nom sur la série pour des raisons de marketing (et touché les dividendes adhoc) sans se mouiller plus avant.

Vincent : Aucune idée si ton hypothèse sur les raisons économiques de Frost est avérée ou pas mais, pour ce que j'en sais, Frost et Lynch ont pris cinq années pour écrire TP III, se voyant assez régulièrement, se renvoyant l'un, l'autre, la balle, ou le bébé. Difficile, du coup, de savoir qui a fait quoi, de démêler la pelote de laine. Plus simple de les considérer comme un seul auteur, bicéphale, certes, mais unique, les deux compères bossant supposément – pour l'écriture de l'affaire, en tout cas – à part égale.

Phil : Dont acte. Soyons bon joueur !

Vincent : Petit sous-point, maintenant, dans mon hypothèse 3.1.

Hypothèse 3.1.1. : des héros ridicules qui n'ont rien d'héroïque. Je ne sais pas, bien sûr, ce que chacune et chacun d'entre nous attendaient du comportement de Dale Cooper, « le » héros de la série. Peu de chances, en tout cas, qu'un seul ou une seule d'entre nous ait attendu ce que nous avons là sous les yeux : un perso amorphe, totalement insipide, ridicule et stupide, comme sous Prozac ou Valium les neuf dixièmes des épisodes de la série. Bref, un héros qui n'a rien d'héroïque, un héros qui nous impatiente, un héros ridicule pour lequel, je suppose, certains et certaines ont été peu empathiques. Un héros d'autant plus grotesque que, lorsqu'il se remettra à « fonctionner normalement », il adoptera une posture ridicule de « super héros » - de « super sauveur » qui va résoudre l'affaire en deux coups de cuiller à pot. Un héros d'autant plus affligeant que, lors de la confrontation – quasi – finale, alors qu'on pouvait, légitimement, s'attendre à une ridicule scène de combat entre Dale et son double, c'est un autre « héros » qui réglera l'affaire : un jeune anglais muni d'un gant vert de jardinage lui conférant une force surhumaine ! Ridicule ! Tellement idiot que tout cela est évacué en quelques minutes, comme si l'important était ailleurs. Était à chercher ailleurs que dans ce que nous avons sous les yeux. Comme si l'enjeu de TP III, ce que TP III nous narrait vraiment, n'était pas dans ce que nous avons explicitement sous les yeux. Comme si « le sens » de TP III était ailleurs. Comme si Dale Cooper, en somme, n'était pas le héros qu'on pensait. Comme s'il fallait voir en Dale Cooper autre chose que ce qui nous est, a priori, montré. Comme si Dale Cooper était autre chose qu'un « simple » agent du FBI. C'est que la série ne finit pas sur la confrontation avec le double, le renvoi du doppelgänger dans la Loge Noire. C'est que toute notre attente, toute la tension et l'impatience que nous pourrions ressentir, tout le désir que nous aurions que « tout cela finisse », que « tout cela ait lieu au plus vite » tombent à l'eau, comme on dit, tant cette affaire de double tourne « en eau de boudin », est évacuée en quelques minutes à peine, Cooper poursuivant son « aventure » ailleurs. Non plus comme « sympathique agent du FBI » mais comme autre chose. Comme si, dès le départ, Cooper avait été autre chose qu'un « sympathique agent du FBI » ; que, sous l'apparence d'un sympathique agent du FBI, il avait été quelqu'un ou quelque chose d'autre…  mais quoi ou qui serait-il alors ?

Phil : Mon hypothèse et ma réponse ? Un passeport pour le néant !

Tu te souviens de la technique de la bande à Diderot, les Encyclopédistes du XVIIIe siècle ? Pour faire passer des messages politiquement incorrects, éviter la censure voire la prison, ils commençaient certains articles par des « N’allez surtout pas croire comme ces X qui vous disent que… ». On n’est pas dans le même cas de figure, bien sûr, je ne vais pas t’asséner une psychanalyse à deux balles qui serait en sus erronée. Je sais très bien que tu sais très bien ce que tu avances. Non, ce qui est commun, c’est le fait qu’un texte puisse contenir deux significations/interprétations aux antipodes. Ici, d’un côté, tu reprends une analyse au premier degré, que je partage, mais que tu relativises ou rejettes pour élire un deuxième niveau. J’en retiens que tu as vu ce que ton jugement dépasse ensuite (à tort ou à raison). En clair ? Tu dépeins imparablement le ratage complet du final, les ridicules étalés au fil de la saison III, et là on serait en adéquation totale, mais tu dépasses cette observation (clinique, selon moi) pour l’invalider, débusquer des intentions cachées des auteurs. Je me dis que le premier niveau correspond à une description objective et le second à une interprétation, de l’hypothétique.

Vincent : Ce que tu pointes comme « ratages complets », moi je dis que ce sont de soi-disant ratages. Des « ratages » narratifs, il y en a tellement lors de cette saison III, il y en a de tellement récurrents (la lenteur des scènes dont on a abondamment parlé, toi et moi, par exemple, ou les scènes ne rimant à rien ), que cela est, me semble-t-il, tout sauf accidentel ou maladroit. J'ai dit plus haut que Frost et Lynch ont, d'après ce que je sais, bossé cinq ans à l'écriture de TP III. Tous deux ont de la bouteille – c'est le moins qu'on puisse dire – dans l'écriture cinéma ou télé. Du coup, il n'est peut-être pas si hypothétique que cela de voir en ces « ratages complets » une intention volontaire, voire une stratégie, mûrement réfléchie. Laquelle ? Je ne sais pas, bien sûr. Je ne fais, ici, que pointer du doigt un dispositif, un mécanisme ou une machination. N'en donne pas le sens. Essaie de faire de TP un symbole plutôt qu'un signe, pour en revenir à ce qui nous occupe dans cet épisode.

Phil : Tu finirais par me convaincre ! Il est vrai que ça finit par sembler too much… Trop raté pour être raté ? Soit. On ne peut exclure que tu aies perçu des idées, des intentions qui échappent au commun des mortels (à un échelon bien moindre dans la fourchette d’analyse, on sait que l’Orange mécanique de Kubrick a été vu par de nombreux spectateurs comme une apologie de la violence… qui a même mené au passage à l’acte criminel… alors qu’il s’agit, dans le chef du créateur, de dénoncer une forme plus pernicieuse de violence, ce qui a été compris par une autre franche du public) mais on buterait alors sur une dérive si élitiste qu’elle me met, in fine, tout autant mal à l’aise qu’un capharnaüm (ou cafardnaüm ?) absolu. Ou sur une autre encore : diverses personnes peuvent se retrouver à aimer un même objet culturel mais pour des raisons fort éloignées, qui ne les rapprochent pas vraiment. Ainsi, si j’adore Game of Thrones pour une série de raisons esthétiques (sans rentrer dans le détail), je sais que d’aucuns y sont accros pour les scènes de sexe ou de violence, etc.  Ce que je veux dire ? C’est que tu pourrais te retrouver à partager une même considération pour ce TP III avec des personnes qui y arriveraient attractées par la violence, le glauque, le complotisme, etc.

Vincent : Pour ce qui est des « intentions qui échappent au commun des mortels », je reviens sur ce que je disais, tout à l'heure, à mon intention personnelle en tentant de décrire ici mon « expérience » de TP. N'ai aucune envie d'interpréter TP, ne veux que pointer un mécanisme global, insister sur le fait que, peut-être, cette saison III, on la loupe en effet si, simplement, on la regarde avec nos yeux et nos envies habituelles, notre amour des fictions ou des œuvres d'art bien faites. Au fond, à travers tout cet échange, je ne veux qu'arriver à cette hypothèse-ci : et si, par-delà la fiction montrée, par-delà l'histoire explicitement exposée, c'étaient nous, spectateurs, spectatrices, le véritable sujet de Twin Peaks ? Revenir là-dessus dans un épisode ultérieur ? Oui, peut-être. En attendant, poursuivre mes autres hypothèses, celles qui nous occupent dans cet épisode-ci. Tenter déjà d'y glisser une réponse allant dans ce sens.

Hypothèse 3.1.2. : des personnages captés dans leur vie quotidienne plutôt que jouant un rôle actif dans l'économie générale du récit. Les saisons I et II regorgent de personnages secondaires attachants, parfois dramatiques, parfois hilarants. On pouvait s'attendre à ce qu'ils reviennent, peu ou prou, goutte à goutte, dans la saison III. Ils reviennent, oui. Plaisir alors de les retrouver. De passer un bout de temps avec eux. Frustration possible cependant en constatant que, non, ils ne jouent pas vraiment, dans cette saison-ci, un rôle similaires à celui qu'ils jouaient dans les saisons I et II : ce que Frost et Lynch nous donnent à voir de leur vie est « insignifiant », n'apporte généralement rien à l'intrigue globale. Pire : alors qu'à leur façon, tout en lenteur, ils nous « tiennent en haleine », nous faisant croire que « quelque chose », par exemple, va arriver dans la vie d'Audrey, Frost et Lynch nous lâchent en plein « suspense », ne poussant pas plus avant la ligne narrative d'Audrey. Nous laissant sur des questions.

Comme si ces personnages avaient cessé d'être des personnages. Comme si Frost et Lynch avaient décidé de faire de ces personnages des êtres « comme toi et moi », nous montrant ces personnages dans leur vie quotidienne, en proie à leurs tracas de vie quotidienne, rien d'autre. On les accompagne, dès lors, un peu, puis on les lâche. Leurs vies demeurant énigmatiques, « insignifiantes » - comme le sont nos vies, en quelque sorte : de beaux élans, de grandes folies, des chutes vertigineuses. Rien d'autre.

Du coup, me viennent en tête une foule de questions. Que devient la fiction quand les personnages cessent d'être des personnages, cessent de fonctionner comme de « vrais » personnages ? Quel est le statut des fictions quand les fictions jouent délibérément avec les codes de la fiction mais pour ne mener « nulle part » ? Qu'est-ce que cela révèle de nous-mêmes, de nos besoins de fiction ? Où est-ce que cela nous emporte ?

Questions ouvertes, bien sûr. Questions importantes cependant parce qu'au-delà du « cas TP », elles nous forcent, toi, moi, n'importe qui, à nous interroger sur nous-mêmes, non ?, et sur notre temps, notre époque, nos conceptions de ce qu'est une histoire, une bonne histoire, une histoire qui nous emporte, etc.

Bon. J'arrête ici ma contribution à l'épisode 5. Même s'il y aurait bien des choses à dire, pas vrai ? Tirerai des conclusions à toutes ces hypothèses un peu plus loin, dans l'épisode 7, probablement, où je rassemblerai toutes mes billes !

Phil : Vincent évoque l’épisode 7, chers lecteurs, car, après l’épisode 3 (qui avait des allures de bonus du 2), on va s’offrir une nouvelle distorsion, bien dans la note de l’objet culturel évoqué (nous plongeons sans cesse dans la mise en abyme, Vincent et moi !).

En clair ? L’épisode 6 va proposer un hiatus entre les 5 et 7, mais pour la bonne cause. Un scoop ! Énorme ! La première Laura Palmer, dénichée au creux des années 40, la source d’inspiration à notre connaissance jamais revendiquée et pourtant démontrée/démontée !

Vincent Tholomé et Phil RW

En savoir plus...

Twin Peaks: The Return

Réalisé par David Lynch

Scénario de Mark Frost et David Lynch

Avec Kyle MacLachlan, Sheryl Lee, Laura Dern, Naomi Watts

Showtime, diffusion originale du 21 mai 2017 au 3 septembre 2017
États-Unis
18 épisodes