Une trilogie qui se dévore comme un roman de quelques centaines de pages : ainsi pourrait-on résumer les trois volumes de 1Q84, parus en traduction française entre 2011 et 2012. Haruki Murakami nous ouvre les portes d’un univers particulier où deux êtres vont se retrouver après de nombreuses péripéties.

Photo © Maggie Hardie/Rex Features.
Photo © Maggie Hardie/Rex Features.

Nous sommes en 1984. Aomamé est une jeune femme de presque trente ans qui travaille comme coach sportif. Tengo est professeur de mathématiques dans un collège et passe le reste de son temps à écrire ou récrire des textes sous couverts d’anonymat pour un éditeur peu scrupuleux. Tous deux vont se retrouver impliqués, à leur insu, dans le monde si différent de 1Q84 après avoir réalisé leur mission respective. Ils ignoraient quelles seraient les conséquences de leurs actes, les voici maintenant dans ce « nouveau » monde avec le mystère de la chrysalide de l’air qui reste entier. Vingt ans après s’être quittés, les deux protagonistes vont tout faire pour se retrouver et vivre leur passion, malgré tous les dangers et les obstacles.

Avec la trilogie trépidante de 1Q84, Haruki Murakami nous plonge au cœur du Japon industrialisé et occidentalisé. La traditionnelle campagne si chère à ce pays est peu présente et devient presque une parenthèse dans un récit trépidant situé en plein Tokyo. N’empêche qu’elle prendra toute son importance dans un troisième tome haletant qui nous dévoilera tous les mystères du combat qui fait rage entre les forces en présence. Une histoire qui se cristallise autour d’avenues et d’une vie citadine contemporaine confrontée à des forces inconnues (ou presque !) tapies dans un lieu caché de tous, à la campagne.

Photo © Shizuo Kambayashi/AP-SIPA.
Photo © Shizuo Kambayashi/AP-SIPA.

Une trilogie, mais pourquoi ? Trois livres, trois moments de l’année ! Un découpage intéressant, intelligent et pertinent pour l’année 1984/1Q84, qui se fragmente en saisons. Ces moments sont aussi les symboles d’épisodes qui font monter le suspens du récit crescendo. Un vrai régal !

Cette trilogie s’appuie sur un style simple mêlant descriptions relativement courtes et dialogues, sans fioritures ni digression inutile, et donne un rythme cadencé au récit. Les chapitres sont là pour nous aider à fragmenter notre lecture mais les lecteurs, happés à leur tour dans l’année 1Q84, se laissent très vite emporter dans cet univers.

Lectrice assidue, je me suis laissée aussi emportée dans ce récit. Déchirée entre le sommeil et la lecture du chapitre suivant, je ne me suis pas lassée de découvrir cette intrigue, quitte à rejoindre Morphée plus tard. Tellement subjuguée par l’histoire que je pouvais imaginer les scènes telle une spectatrice devant un écran de cinéma. Le souvenir de très bonnes soirées en compagnie d’Aomamé et de Tengo !

Haruki Murakami, auteur japonais né en 1949, a été un temps professeur à l’université de Princeton avant de revenir au Japon où il a débuté une nouvelle carrière. Durant les années 2000, il devient un écrivain connu puis reconnu grâce, notamment, à la Ballade de l'impossible publiée en 2007 et adaptée au cinéma à peine quatre ans après sa parution en France. La trilogie 1Q84 est l’avant-dernière publication de cet auteur pressenti pour le prix Nobel de littérature. Et l’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, nouvelle œuvre parue en 2014 en traduction française, est déjà encensée par les critiques.

En savoir plus...

Haruki Murakami 1Q84 Belfond, 2011-2012, rééd. 10-18, 2011-2013 Livre 1, Avril-juin, 550 pages Livre 2, Juillet-septembre, 495 pages Livre 3, Octobre-décembre, 620 pages