« C’est un autre délire », prévient Didier Jaba Mathieu pour décrire sa bande dessinée. Néophytes ou bédéphiles aguerris ne pourront que confirmer. Ennemis, entre comics et roman graphique, n’a vraiment rien d’ordinaire.

Retrouvez Didier Jaba Mathieu et Sozyone Gonzalez  en interview et dans la galerie Karoo.

C'est d'abord la couverture - crâne veineux aux yeux perçants sur fond noir - qui intrigue et désarçonne dans les rayons des librairies.

Ennemis saisit ensuite par son graphisme puissant et sa maîtrise des couleurs aussi, révélées dès les premières planches qui nous plongent sur une planète hostile et nauséabonde. 

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Graphisme puissant, maîtrise des couleurs...

Dans des décors tantôt réalistes, tantôt fantastiques – train vrombissant, forêt étincelante, montagnes escarpées – on suit les aventures, ou plutôt les tourments intérieurs de Dust, journaliste désabusé qui ne sait pas ce qu’il fout là. Il s’est donné pour mission, avec Shor, créature bourrue et attachante, de dégager le Grand Vorzon, dictateur sanguinaire de ce monde mystérieux.

Ennemis pourrait s’inscrire dans le courant « slow », revendiqué aujourd’hui par certains détracteurs de la zapette et de la surconsommation, que ce soit en matière d’information, d’alimentation ou encore de mode. Parce que cette bande-dessinée ne se lit pas rapidement et facilement. Il faut de la concentration, beaucoup, pour comprendre tous les noms – Llyllill, Kashal, Kimiko, les radoïdes, le grand Vorzon,…– et distinguer le camp et le rôle de chacun. De la patience, parfois, pour arriver à bout des complaintes interminables de Dust, écrites avec une plume brute et familière qui ne fera pas l’unanimité. Du temps, surtout, pour admirer chaque détail des planches, qu’on rêve déjà de voir animées sur grand écran…

Un temps loin d’être perdu.  

 

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Ennemis D. Jaba Mathieu et Sozyone Gonzalez Ankama, 2015 144 pages