Rien de mieux qu’une journée ensoleillée pour réaliser une interview décontractée avec l’équipe d’Okayss Prod au cœur de leur résidence, le Comptoir des ressources créatives à Liège, symbole de leur envie de créer des synergies entre divers domaines artistiques.

Cette asbl, menée par des bénévoles motivés aux compétences diverses, réalise des productions audiovisuelles autour d’un réalisateur, Karim Ouelhaj : clips musicaux, courts et longs métrages. Déjà trois longs ont été réalisés ; le quatrième arrive tout bientôt. Rencontre avec l’équipe : Karim, Julien, Marie et Marine.

Quel livre emporterez-vous cet été en vacances ?
Karim : Éloge de la fuite d’Henri Laborit et les Damnés de Chuck Palahniuk, un livre qui serait bien à adapter en film.
Julien : je prendrai les livres d’Isaac Asimov. Je les ai lus à quatorze ans et j’avais vraiment bien aimé. Il faudrait juste que je prenne le temps.
Marie, stagiaire : Anne Rice parce que c’est une des seules auteures d’histoires de vampires que j’aime bien. Elle a écrit beaucoup de livres, donc il y en a des nouveaux à découvrir.
Marine, collaboratrice de production et gestionnaire d’Aura Films : je prendrai un livre d’Emmanuel Carrère car j’aime son univers et sa façon d’écrire.

laboritQuel film retenez-vous de la saison qui vient de s'écouler ?
Karim : un peu cliché mais Mad Max pour moi.
Marine : A Most Violent Year.
Julien : Gone Girl m’a pas mal marqué.
Marie : je suis plus série mais j’aime bien Time Out. C’est un film un peu vieux mais qui m’a marqué et j’apprécie le message qu’il faisait passer.

Quels sont vos projets pour la rentrée ?
Karim et Julien : l’Œil silencieux, qui est le court métrage qu’on a tourné avec l’acteur Wim Willaert, et Une réalité par seconde, qui clôture notre triptyque commencé avec Parabola et le Repas du singe et qui parle du monde de la rue.
Marine : je bosse sur un projet transmédia avec la partie d’exposition numérique qui a été exposée en France, à Paris et Montpellier. On va l’exposer en Belgique, à la rentrée. En parallèle, j’organise aussi le festival Liège Web Fest, qui aura lieu les 16 et 17 octobre.
Marie : j’ai mon travail de fin d’études prévu pour le mois d’août. Il porte sur Hero Corp, websérie créée par Simon Astier. À part cela, il y a la promo d’ « Une réalité par seconde » et tout ce qui tourne autour de l’Œil silencieux.

Quelle serait votre destination de vacances idéale ?
Marie : la Toscane. Belles lumières, des bâtiments médiévaux… Le rêve pour moi !
Julien : l’Afrique. Je suis parti au Congo pendant mes études et je rêve d’y retourner. J’ai adoré la vie sur place : les gens sont très humains, agréables. C’est une autre réalité de vie, une culture centrée sur la famille au contraire de chez nous où c’est plus individualiste.
Marine : je vais faire dans l’original mais je vais dire l’Italie, d’une manière générale. Bonne nourriture, bon vin !
Karim : je regroupe les trois idées avec l’Amérique du Sud.

Pouvez-vous me donner un moment fort de votre carrière ?
Marie : mon stage à Okayss Prod car c’était mon premier tournage sur l’Œil silencieux. J’étais en régie et j’ai remarqué qu’il y avait un travail énorme derrière des films qui peuvent être très courts. Cela m’a beaucoup marqué.
Julien : le tournage de l’Œil silencieux également. C’est ma première réelle expérience de tournage en tant que chef régie. C’était une expérience très intéressante car j’ai appris tout ce qu’il y avait à faire et je pense que je ne m’en suis pas trop mal sorti.
Marine : de façon générale, les rencontres. C’est vraiment ce qui me marque le plus car ce sont de très bons moments qui permettent de mettre en place des choses assez intéressantes.
Karim : tous mes longs métrages, qui sont toujours des moments forts. Le fait d’aller jusqu’au bout d’une idée, d’une conviction. A chaque fois, ce sont des moments forts en bien ou en mal.

Plusieurs de vos films sont porteurs d’un message fort. Pourquoi vouloir travailler sur ces thématiques lourdes de sens ?
Karim : je ne me suis pas donné de mission ni vraiment un message. Je le fais par vécu, ressenti et par nécessité parce que personne ne le fait en Belgique, en tournant de cette manière-là. Ce qui m’intéresse, c’est de mélanger le fond et la forme. C’est de raconter des histoires de gens qu’on ne veut pas voir : aujourd’hui, on arrive au bout de la relation humaine qui est alarmante. Et je pense que c’est nécessaire de le dire. Je me suis octroyé le luxe de le faire ! Et j’aimerais que d’autres réalisateurs prennent le relais car j’ai envie de passer à autre chose. Ce que j’ai déjà commencé à faire avec l’Œil silencieux, court métrage fantastique qui travaille plus dans la grammaire cinématographique. En même temps, tout film est forcément basé sur la société, donc sociétal. Cela me permet de défendre mon point de vue par rapport à la société, angle qui est réaliste sur un fond poétique pour moi. La poésie peut être violente…
Marie : en fait, tu es au cinéma ce que Baudelaire était à la poésie !
Karim : j’aime faire des films qui, quand les gens sortent des salles, ils sont peut-être encore au chômage mais en ressortent avec une réflexion. Qu’ils aient aimé le film ou non. Je ne fais que filmer mon observation des gens qui n’osent plus affirmer ce qu’ils sont dans la rue, en public. Je ne suis pas là pour résoudre des problèmes mais pour amener les questions.

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