En général, j’aime pas les chansons longues dans le metal. Ça sert absolument à rien. C’est du bête remplissage pour dire : « Regardez comment on arrive à jouer le même riff pendant cinq minutes pour en tirer une atmosphère mystifiante et entraînante. » Suffit de voir un groupe comme Dream Theater qui se perd sans cesse dans des solos d’une mollesse digne d’un tournoi de pétanque.

Sauf que parfois, les groupes ils font ça bien. C’est le cas de Machine Head qui arrive à pondre des chefs-d’œuvre de dix minutes sans même cligner des paupières. Parmi ceux-ci, Halo est probablement le meilleur. Ça commence calmement, ça nous explose de saturation, ça nous envoie de la mélodie, ça nous agresse avant de se calmer complètement, ça fait presque frissonner, la tension est à son paroxysme et enfin, ça nous achève avec une montée en puissance à la limite de l’inconcevable. Le tout forme un bloc compact parfaitement maîtrisé qui alterne entre diverses émotions. Et que dire de ce morceau lorsqu’il est interprété sur scène ? Robb Flynn tient le public dans le creux de sa main et c’est la fosse tout entière qui se plie sous les rythmiques martiales et les harangues du leader, parmi lesquelles le désormais très connu Headbang motherfuckers ! qui rendra fou n’importe quel hardos au monde. Dans ces cas-là, les dix minutes, on les voit pas passer.