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Ces traductions ont été réalisées par les étudiants de la faculté des Lettres de la KU Leuven à partir des comptes-rendus rédigés par des étudiants de la même faculté. Vous trouverez en fin d'article deux liens, le premier qui vous renvoie à la version originale publiée sur Cobra et le second pour découvrir un autre point de vue du même spectacle publié sur Karoo.

Intrigant mais bizarre

La démocratie paraît plus loin que jamais dans un petit village hongrois fictif. The Party s’introduit lentement mais sûrement dans la vie de chaque villageois. La xénophobie, la démagogie et le populisme sont la norme. La destruction du village et de ses habitants se profile également. La pièce de théâtre pétrifie tout le monde lors de sa course féroce jusqu’à son dénouement.

Le spot s’allume, un homme vêtu d’un costume sur mesure entonne une chanson, dans laquelle il remet directement en question la démocratie. Il prend les spectateurs à la gorge et les entraîne vers l’élection du maire. Cela devient une expérience désillusionnante, où le public se rend vite compte que le maire est condamné à obéir.

Film, musique, cirque et théâtre se succèdent. Malgré ce mix étrange, l’ensemble ne paraît jamais irréaliste. Le metteur en scène, Árpád Schilling, et ses acteurs parviennent même à donner au spectateur le sentiment d’être un réel témoin de la vie du village hongrois, ce qui amplifie encore le sentiment d’appartenance.

Les langues utilisées, à savoir l’anglais, le français et le hongrois, soulignent le caractère universel de la problématique. Néanmoins, la langue hongroise peut être un obstacle lors des dialogues. En effet, le public est obligé de suivre les sous-titres projetés à côté de la scène. Il s’ensuit que des choses fascinantes disparaissent sans aucun doute du champ visuel.

Après un des derniers slogans, à savoir « Show me your dick », le public doit avoir entendu l’appel au changement. La pièce fait encore effet après le spectacle et il est impossible de laisser cet appel sans réponse en pleine bataille électorale. Un spectacle politique a rarement été si intrigant et tellement bizarre en même temps.

Charlotte Gybels

Traduction : Tina Roosenboom, étudiante du master en traduction, KU Leuven (Campus Brussel).

Lire sur le même sujet l'article made in Karoo.

En savoir plus...

The Party
Árpád Schilling/Krétakör
Vu le 10 mai 2014 au Théâtre National dans le cadre du Kunstenfestivaldesarts.