critique &
création culturelle

Lune froide sur Babylone

Entre moiteur horrifique et paresse scénaristique

Lune froide sur Babylone de Michael McDowell, publié aux éditions Monsieur Toussaint Louverture, fait miroiter plusieurs promesses non tenues. Alors que je croyais me plonger dans les profondeurs d’un univers rural oldschool aussi horrifique que mystérieux, ma seule et unique stupeur fut la découverte d’un scénario manquant cruellement de profondeur. Bienvenue à Babylone, où l'atmosphère moite et superficielle est usée jusqu’à la moelle.

Une histoire qui finit mal d’Evelyn Clarke

Quand le polar se réécrit lui-même

Evelyn Clarke met en scène le monde de l’édition dans un décor écossais aux paysages tumultueux. Six auteurs sont en lice pour gagner un contrat d’édition et l’honneur de finir le dernier livre du célèbre romancier Arthur Fletch. À travers le prisme du récit mystérieux, Une histoire qui finit mal se joue des clichés de genres et multiplie les voix pour mieux questionner le monde de l’écriture.

Désir dingue d’Aurélien Dony

Cœur et corps dans un corps à corps

À 33 ans et avec déjà huit autres recueils de poèmes à son actif, le belge Aurélien Dony aborde dans Désir dingue les relations, les limites, les plaisirs et la sexualité. Sauf si le cœur s’en mêle et l’en empêche avant.

Katabasis de R.F. Kuang

Lecture infernale

Katabasis se présente comme la plus mortelle des expéditions extrascolaires… Aux Enfers ! R.F. Kuang revient avec une nouvelle intrigue entre monde académique et magie, emmenant ses lecteurs au fin fond des limbes. Dans la Divine Comédie, Dante suivait Virgile, ici, nous suivons Alice et Peter, deux doctorants désespérés en quête de leur directeur de thèse récemment décédé. Au programme : des rencontres aussi incongrues que dangereuses. Bref, un voyage qui s’annonce mortel.

Rends-toi mon cœur d’Alfredo Noriega

Odyssée du deuil

Avec Rends-toi mon cœur, Alfredo Noriega, auteur équatorien de plusieurs romans et recueils de poèmes noirs, explore le deuil et son processus. Nous suivons Juan, père d’origine équatorienne dont la fille a été assassinée à Quito. Cette vérité irréversible est au commencement de ce récit, et constitue une porte d’entrée vers une exploration intime et troublante du deuil.

Frankenstein de David Sala

L’exclusion à la source de la violence

À peine créée, immédiatement rejetée. La Créature de Victor Frankenstein, jugée monstrueuse, est abandonnée à son sort dans un monde qui ne veut pas d’elle. En quoi est-elle si différente ? Qu’est-ce qui fait d’elle un monstre ? Dans son nouveau roman graphique publié chez Casterman, David Sala nous fait redécouvrir le Frankenstein de Mary Shelley en peinture.

Searoad de Ursula K. Le Guin

Le ressac des vies ordinaires

Dans Searoad, Ursula K. Le Guin délaisse les univers fantastiques pour Klatsand, un village côtier de l'Oregon. Et c'est là, entre les marées successives, que son talent fait émerger des récits du quotidien, discrets et profondément authentiques, qui révèlent que les vies les plus ordinaires sont parfois celles qui nous touchent le plus. Trente ans après sa publication aux États-Unis, Searoad arrive enfin en français aux éditions Rivages, permettant de découvrir une œuvre singulière longtemps restée dans l’ombre des grands classiques de l’autrice.

Ce monde n’existe pas d'Antoine Cossé et Martin Quenehen 

La possibilité de se réinventer

Entre poésie et récit brut, Martin Quenehen et Antoine Cossé nous offrent Ce monde n’existe pas, une histoire au visuel subtil. Le récit raconte la violence de nos sociétés à travers les guerres et les inégalités sociales mais aussi l’introspection de son principal protagoniste, Jules. Dans un monde de violences et qui ne veut pas de lui, Jules tente de s’émanciper afin de trouver une existence en paix loin des conflits.

Souterrain de Valérie Bah

Marginalités magnifiées, pour le plaisir des yeux

Entre Chute-à-Tréfonds et New Stockholm, deux villes moyennes imaginaires quelque part au Canada, des personnages vivotent. Dans Souterrain, publié en 2025 aux éditions du remue-ménage, Valérie Bah décrit le quotidien de personnages fatigués d’exister et qui peinent à tirer la trame narrative. Le roman se concentre principalement sur le projet artistique porté par une artiste émergente, pour lequel on se demande où se situe la limite entre témoignage et voyeurisme, entre marginalité documentée et magnifiée pour le plaisir de ceux qui ont les moyens de s’appitoyer.

Alyte et Les Pizzlys de Jérémie Moreau

La métamorphose plutôt que la disparition

Avec Les Pizzlys (Delcourt, 2022) et Alyte (2042, 2024), l’auteur et illustrateur Jérémie Moreau crée des œuvres singulières dans lesquelles le merveilleux et le vivant s’entrelacent pour questionner notre manière d’habiter la Terre. Entre mythes, métamorphoses et regards portés sur le monde non-humain, ses romans graphiques aux couleurs éclatantes transforment l’angoisse écologique en un appel sensible à la reconnexion, à la résilience et à la révolte.