Cette semaine, c’est Nicolas Zouliamis qui expose dans la galerie Karoo. Auteur de bande dessinée passé par le cinéma, il s’était fait repérer par La Cinquième Couche, qui a publié en 2009 la Volupté d’Hectopascal. Le 16 avril s’ouvre au Maga une exposition de ses dessins : « Perpetuum mobile ».

 

Karoo : Cette série, ce sont des fragments d’une bande dessinée ?

Nicolas Zouliamis : En quelque sorte. C’est une série crée spécifiquement pour la MAGA. À la base, ça part d’un scénario que je ne suis jamais parvenu à terminer. Il partait dans tous les sens ! Alors, plutôt que de l’utiliser de manière linéaire dans un livre, je l’ai éclaté pour en faire une expo.

L’idée, je vous l’explique vite fait : cela raconte le passage d’un astéroïde à proximité de la Terre que personne ne parvient à voir. Petit à petit, on se rend compte que cet astéroïde influence légèrement la gravité de notre planète. Je m’intéresse à cette modification de notre atmosphère à l’échelle d’une maison, d’une famille. Cette nouvelle pesanteur met tout le monde dans une sorte de mélancolie léthargique. C’était l’idée du scénario, et c’est ce que j’ai travaillé en plusieurs idées, en dessin, pour l’expo présentée sur Karoo cette semaine.

Sans titre | Présenté à l’exposition « Perpetuum mobile »
Sans titre | Présenté à l’exposition « Perpetuum mobile »

Entre le cinéma et la bande dessinée, votre cœur balance-t-il encore ?

À la base, je suis parti de la bande dessinée, et je me suis petit à petit dirigé vers le cinéma, à l’ERG. J’ai finalement réalisé un long métrage en dernière année, pour enfin étudier le scénario à l’ULB. Je faisais donc de la bande dessinée et du cinéma en même temps.

Actuellement, j’ai mis un peu le cinéma de côté. Je n’écris plus de scénario sous cette forme. Ce sont quand même deux manières d’écrire différentes. Je travaille de moins en moins d’histoires linéaires ou complexes. Je me concentre sur l’illustration. Le scénario, c’est beaucoup de contraintes et j’aime la liberté du dessin !

Alors, la Volupté d’Hectopascal, c’est déjà votre dernière BD ?

Je ne sais pas. Je n’en referai pas tout de suite, en tout cas. Ça reviendra peut-être un jour. J’écris encore des petites histoires, même si ça reste laborieux. Je préfère juste m’éclipser dans le dessin. D’ailleurs, ceux-ci viennent toujours d’embryons de scénarios, mais je constate que je finis toujours par m’épuiser à en faire quelque chose de construit, de linéaire. J’ai des difficultés à faire ça. C’est pourquoi je préfère l’illustration ou les histoires courtes, plus faciles à articuler qu’un scénario de bande dessinée.

Une bande dessinée tout en délicatesse et poésie...
Une bande dessinée tout en délicatesse et en poésie...

C’est curieux, ce désamour du scénario, vous qui venez de la BD et du cinéma, où il est particulièrement important !

C’est vrai, c’est assez étrange. Après la Volupté d’Hectopascal, je m’étais lancé dans un projet de bande dessiné très ambitieux qui devait faire quatre cents pages… C’était sans doute trop ambitieux et j’ai eu envie de retrouver la simple spontanéité du dessin.

En parlant de dessin, quelle technique utilisez-vous ?

Je dessine au crayon sur papier, que je scanne et que je retravaille numériquement. Notamment pour la couleur. Je dessine toujours en noir et j’ajoute de la couleur sur ordinateur. Cette manière de faire est venue petit à petit, en m’intéressant aux procédés d’impression notamment, comme la sérigraphie.

La différence entre les originaux au crayon et leur version imprimée m’a interpellé au début. Il y a des ponts à jeter entre le dessin et ce qu’il devient après. En fait, pour moi, l’impression est une part complète du processus.

En savoir plus...

Perpetuum mobile Tous les vendredis, samedis et dimanches du 16 avril au 2 mai 2016 Le MAGA 56 avenue Jean Volders B-1060 Saint-Gilles (Bruxelles) Belgique