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La Guerre des tuques

La Guerre des tuques , film d’animation pour enfants réalisé par les Canadiens Jean-François Pouliot et François Brisson, concourt cette semaine au festival Anima dans la catégorie longs métrages.

Adapté de la comédie dramatique du même nom que l’on doit à André Mélançon, la Guerre des tuques laisse quelque peu sur sa faim malgré une bande-annonce plus que prometteuse.

Le scénario emmène le spectateur dans un village enneigé, lors des vacances scolaires. Une ribambelle d’enfants livrés à eux-mêmes décident, sous le commandement de Luc, orphelin de père et joueur de clairon, et de Sophie, la nouvelle arrivée en ville, de s’affronter en deux camps dans une longue bataille de boules de neige. Leur objectif : s’emparer du château fort de glace et de neige construit par François, dit « Les Lunettes », le plus ingénieux d’entre eux.

Les frimousses des protagonistes sont originales mais les mouvements manquent cruellement de souplesse et de naturel.

Le film allie joliment images de synthèse et dessin animé traditionnel. Les frimousses des protagonistes sont originales mais les mouvements, notamment ceux de Cléo, le Saint-Bernard, manquent cruellement de souplesse et de naturel.

L’enjeu du récit, s’emparer du fort, est trop faible pour que le spectateur puisse s’identifier aux personnages et se mobiliser à leurs côtés, même si les comportements et les réactions des gamins en pleine action sont bien rendus à l’écran. De plus, le temps consacré à l’histoire d’amour entre Sophie et Luc s’étire au point de déforcer la pertinence de cette intrigue secondaire. Au montage, la principale ellipse temporelle, située au milieu du film, est représentée par cinq secondes d’écran noir qui cassent le rythme du récit. L’accompagnement musical en chansons par des artistes canadiens accroche peu l’oreille. Seul l’Hymne , interprété par Céline Dion et Fred Pellerin reste en mémoire.

Sur le plan sonore, quelle déception de découvrir que les voix québécoises si alléchantes dans la bande-annonce ont été doublées dans la version française. Ce choix affaiblit la cohérence du film dont les décors et le propos appellent sans détour la version originale. Les expressions typiques du Québec auraient certainement donné du relief et du piment aux dialogues.

Le trailer annonce une « aventure pour toute la famille ». Le contrat n’est que partiellement rempli : les rires des petits, bien présents au début de la projection, se perdent dans la longueur du film. Quant au public plus âgé, il se lasse dès la première moitié du long métrage en raison des faiblesses scénaristiques.

Quand on sait que l’expression québécoise « Attache ta tuque (traduisez : bonnet de laine) avec de la broche » annonce une situation tumultueuse et pleine de rebondissements, on sort quelque peu déçu de la séance et on regrette la vitalité contagieuse de la Guerre des boutons.

Natalie Malisse

DOSSIER
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La Guerre des tuques

Long métrage de Jean-François Pouliot et François Brisson
Canada , 2015
83 minutes

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