Comme dans toutes les autres rubriques, les critiques de Karoo ont été très attentifs aux productions audiovisuelles en veillant à n’en négliger aucun aspect : du documentaire aux blockbusters, du court métrage à l’actualité, sans oublier de revoir des classiques ou de dévorer des séries.



Vers l’infini, et au-delà !

Karoo ne boude pas les blockbusters. Interstellar a divisé la critique. Mais Marc Horguelin, qui a proposé par ailleurs pas mal d’articles consacrés aux films de genre qu’il affectionne, campe parfaitement le décor, les enjeux, les limites et les qualités de la réalisation. Il nous a donné finalement envie d’aller voir le film.

interstellar-poster« Les aventures spatiales sont à la mode. Après Gravity, voici que déboule dans les salles obscures Interstellar de Christopher Nolan. Même sujet, traitement différent. Il ne s’agit pas ici de fuir l’espace, mais de le conquérir. »











Au pays de Roxy

Les nouveaux films des réalisateurs majeurs attirent spontanément les critiques de Karoo, mais 2014 n’était pas un très grand cru : les films d’Alain Resnais, Ken Loach ou Woody Allen ont plutôt déçu. Du coup, on retiendra surtout les hommages ou les synthèses qui ont paru également dans le mook : la présentation de Wes Anderson par Camille Burtin (Karoo n° 1) ou le triptyque consacré à David Cronenberg (Karoo n° 2) par Krisztina Kovacs (qui était cette année notre correspondante à Rotterdam), Thierry Defize et Thierry Horguelin. Heureusement qu’il reste Godard qui a conservé intacte son aptitude à se renouveler en intégrant, comme à son habitude, toutes les possibilités offertes par la technologie contemporaine. Adieu au langage n’a eu droit qu’à une diffusion confidentielle en Belgique. Antoine Van den Kerkhove est allé voir le film au festival de Gent.

Adieu au langage affiche« Alors qu’il ne sortira vraisemblablement pas en Belgique, le Film Fest Gent a programmé trois séances d’Adieu au langage, le dernier-né de Jean-Luc Godard, pour rappel prix du Jury à Cannes (ex-aequo avec Mommy de Xavier Dolan ), en vue de satisfaire les cinéphiles endurcis et pérégrins. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le voyage en valait la peine. »








Le Karaoké domestique d’Inès Rabadán

En bons cinéphiles qu’ils sont, les critiques de Karoo sont également attentifs aux genres moins médiatisés comme le documentaire, le court métrage ou les productions pointues des réalisateurs de la FWB. Félix Francotte, qui était cette année le correspondant Karoo du ciné-club de l’Ihecs, a dégoté l’intersection improbable entre ces genres avec Karaoké domestique d’Inès Rabadan, réalisatrice belge qui nous propose un documentaire-fiction court quasiment autoproduit.

Inès Rabadan« Karaoké domestique est un documentaire expérimental qui bouleverse avec brio les codes cinématographiques à l’aide d’une question sociologique simple : quel lien se crée entre les maîtresses de maison et les femmes de ménage qu’elles emploient ? Vu le format inhabituel, issu de circuits de production assez éloignés de ceux de Hollywood, il serait sûrement aussi facile que dommage, pour le public non averti, de passer à côté de cette petite pépite, dernier travail en date de la cinéaste multi-casquettes qu’est Inès Rabadán. »

 

César doit mourir

La couverture de l’actualité a été très variée, il suffit de dérouler le menu de la section pour en prendre la pleine mesure. Karoo a découvert des pépites comme Ida de Pawel Pawlikovski ou 20 000 Days on Earth qui brosse un portrait de Nick Cave. Mais Karoo revoit ou découvre aussi les classiques grâce aux DVD mais surtout grâce aux ciné-clubs, notamment celui que Thierry Defize organise à Anderlecht et où Noémie Emmanuel a pu découvrir le formidable César doit mourir des frères Taviani, qui filment en prison la mise en scène d’une pièce de Shakespeare par les détenus avec un sens exceptionnel de la mise en abyme et du floutage entre fiction et réalité.

Cesar-doit-mourir-affiche« Tout est double dans César doit mourir. Les acteurs jouent à la fois leur propre rôle et un personnage de la pièce de Shakespeare. La prison est à la fois prison et scène de répétition. Les matons sont à la fois matons et spectateurs. Le jeu des condamnés est stupéfiant de justesse. C’est Brutus que l’on voit trahir, c’est César que l’on voit mourir. Mais lorsque l’acteur-prisonnier énonce les mots d’assassinat, de trahison, de révolte et de liberté, les répliques sonnent un peu différemment. C’est dans cet écart que la pièce de Shakespeare raconte à la fois la mort de César et autre chose encore. »





House of Cards explose les écrans ! Buzz !

Bien entendu, les critiques de Karoo sont comme vous : ils adorent les séries télé. Pendant l’été, Karoo a proposé un feuilleton qui a permis à chacun d’évoquer sa série préférée. Philippe Rémy, grand spécialiste du genre et du détournement des contraintes, a inauguré ce feuilleton avec un article magistral sur House of Cards dont on est impatients de voir la troisième saison au printemps prochain.

House-of-Cards 1« Le 20 février 2014, la chaîne belge BeTV réalisait une grande première, imitée dès le 13 mars par sa sœur française Canal+ : diffuser d’un coup une saison complète de série télé, en l’occurrence la salve II d’House of Cards. Une stratégie qui se coule dans l’aventure originelle. Qui relève non d’un Big Bang cosmique mais d’un Big Buzz informatique. »


Born to die

On termine cette évocation de la première année de Karoo cinéma par le film qui a mis tout le monde d’accord : Mommy de Xavier Dolan a emballé la quinzaine de critiques de Karoo mobilisés pendant tout le Fiff à Namur. Du coup, Mommy a fait l’objet de trois articles (un record) : un portrait du réalisateur, une interview de la comédienne principale et une critique du film.

166201« C’est bien dommage pour cette noble page mais il est impossible d’écrire une critique de Mommy. On peut seulement, et ce n’est pas chose aisée, rédiger un témoignage : « Ce jour là, j’étais dans la salle. Je l’ai vraiment vécu. » C’est bien davantage que vingt-quatre images qui défilent à chaque seconde. »








Mais 2014, c’était aussi…

Pour alimenter la rubrique hebdomadaire, l’équipe ciné va évidemment voir beaucoup plus de films que le quota dont Karoo peut rendre compte. On vous évite le pire, mais on loupe parfois aussi de bonnes choses. Pour rectifier le tir, les critiques ont établi leur top 10 à partir duquel a été établi le palmarès de la rédaction ci-dessous. Seuls les films mentionnés au moins deux fois ont été retenus. Ils sont présentés par ordre alphabétique. À voir donc, si ce n’est fait :

Bird People, Pascal Ferran
Diplomatie, Volker Schlöndorff
The Grand Budapest Hotel, Wes Anderson
Ida, Pawel Pawlikowski
Le vent se lève, Hayao Miyazaki
The Newsroom, série écrite par Aaron Sorkin et réalisée par Greg Mottola et Alan Poul
Philomena, Stephen Frears
The Sacrifice, série écrite par Stepan Hulik et réalisée par Agnieszka Holland
True Detective, série écrite par Nic Pizzollato et réalisée par Cary Fujunaga
12 Years a Slave, Steve McQueen