En 2015, « seulement » trois films de super-héros arriveront au cinéma ; mais c’est pour mieux préparer la tempête qui va s’abattre sur nous dans les années à venir. Retour sur un genre récemment revitalisé qui semble pourtant déjà malade.

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Il y a environ un mois, Marvel Studios annonçait son planning de films super-héroïques jusqu’en 2019 et bouclait par la même occasion la trame narrative mise en place par le premier Iron Man en 2008. Ce ne sont pas moins de onze films qui viendront animer les écrans de nos salles obscures, sans oublier les nombreuses séries télévisées lancées pour l’occasion. Nous voici donc assurés de retrouver Captain America, Thor ainsi que les Gardiens de la galaxie pendant encore quelques années. En plus de ça, de petits nouveaux viennent s’ajouter à un panthéon déjà bien rempli (Ant Man, Black Panther, Captain Marvel). Autant dire que même le fanatique risque d’avoir le tournis. On en vient d’ailleurs à se demander comment on va se retrouver dans tout ce joyeux bordel. Surtout qu’à côté, les divers X-Men, Spider Man et Quatre Fantastiques continuent leur petit bonhomme de chemin dans des univers différents, ces personnages appartenant à d’autres boîtes de production.

Cette annonce colossale n’est pas sortie de nulle part. Il s’agit sans doute d’une réaction de Marvel à son principal concurrent, DC Comics, qui a enfin décidé de s’investir à fond dans le cinéma héroïque. En effet, une semaine plus tôt, le rival dévoilait également ses intentions avec un programme de pas moins de douze films jusqu’en 2020, parmi lesquels Batman v Superman, Shazam, Justice League ou encore Aquaman. DC Studios est par ailleurs déjà bien installé sur le petit écran avec des séries de bonne facture comme Gotham, Arrow ou The Flash. C’est là la première véritable tentative du Major d’imposer un univers cohérent, lancé par le très moyen Man of Steel, avec ses personnages phares.

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La guerre est clairement ouverte et il ne fait aucun doute qu’il y aura de nombreux morts. À ce petit jeu, Marvel part clairement gagnant : son univers s’est déjà imposé au public, ses personnages sont attractifs et la qualité, bien que décroissante, n’est plus à démontrer. De son côté, DC a commis trop d’erreurs par le passé et semble continuer dans cette direction. Par exemple, le producteur a décidé de ne pas mêler télévision et cinéma. Ainsi, le Arrow et le Flash que nous connaissons ne seront pas les mêmes sur grand écran, ce qui, avant même la sortie du premier film, a provoqué un tollé général chez les fans. De plus, il est clair qu’entre un Aquaman à la limite du ringard et un Iron Man adulé, le spectateur lambda aura vite fait son choix. Enfin, force est de constater que, mise à part la récente trilogie Dark Knight, DC ne s’est pas signalé par la qualité de ses films. L’éditeur revient donc de loin et a beaucoup à prouver avec sa prochaine sortie, le très attendu duel entre Superman et Batman.

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Et le spectateur dans tout ça ? Eh bien, s’il veut suivre ses héros fétiches, il risque de se manger, en moins de cinq ans, une petite trentaine de films de qualité probablement très variable. C’est là que le bât blesse : en voulant surfer sur la vague la plus lucrative du moment, les deux leaders en ont probablement fait beaucoup trop, beaucoup trop vite ; et le navire qui était si solide jusqu’à présent risque fortement de partir à la dérive. Au lieu d’être le petit événement biannuel, le film de super-héros va devenir la norme qu’on subit au lieu d’apprécier. L’évolution des univers va être de plus en plus difficile à suivre, le public de plus en plus perdu (ce n’était déjà pas simple tant qu’à présent) pour probablement se lasser avant même 2020. Et même dans le cas où tout fonctionnerait comme espéré par les producteurs, on se reprendrait une annonce deux fois plus importante d’ici trois ans. Est-ce le début de la fin pour un genre qui a profondément marqué ce début de siècle ? On ne peut le dire pour le moment, mais il semble clair qu’il ne faut pas forger trop d’espoirs.

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