Le retour du monstre...

 

Nous sommes dans un asile d’aliénés, dans le bureau du directeur. Celui-ci étudie fiévreusement le dossier de l’un de ses patients, confié par la police. Le docteur Mabuse. Un génie du crime, qui avait juré la destruction de la société allemande. Tandis que le psychiatre tourne les pages et lit à haute voix des propos apocalyptiques, la caméra balaie la pièce, s’attarde sur des masques accrochés aux murs, un tableau. Le noir et blanc, maîtrisé par une icône de l’expressionnisme, les perspectives décapantes, un clair/obscur magnifié, la bande sonore qui n’est plus musique mais crispation déchirante. Notre rapport au temps, au réel se fissurent imperceptiblement. Et soudain :

TERRIFIANT ! Et j’ai été incendié à l’adolescence par cet art total, qui conférait au Mal une dimension métaphysique, sublimant tous les canons du policier ou du thriller. La Mabusemania ne m’a plus quitté, m’inspirant même un roman.

Mabuse, il est vrai, fait office de leitmotiv dans l’œuvre de Lang. Il en avait tiré, en 1922, un chef-d’œuvre du muet, mais il y reviendra encore en 1960, bouclant la boucle d’un des plus passionnants itinéraires de l’histoire du cinéma.

Quant à savoir s’il avait anticipé Hitler et le nazisme…

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Le Testament du docteur Mabuse

Réalisé par Fritz Lang
Avec Rudolf Klein-Rogge, Otto Wernicke, Gustav Diessl
Allemagne, 1933, 100 minutes