Louise Flipo est la lauréate du Grand Prix de la Fédération Wallonie-Bruxelles, édition 2014-2015, du grand concours de nouvelles de la Fédération Wallonie-Bruxelles. La galerie Karoo publiait le texte primé

« En Pause » toute la semaine, et ce vendredi nous vous faisons rencontrer son auteure.

Louise Flipo, comment avez-vous entendu parler de ce concours et pourquoi avoir eu envie d'y participer ?
C’est au terme d’un stage de théâtre que les premières rumeurs du concours se sont fait entendre. Avant de prendre la route, une des participantes et amie me glisse une carte dans les mains, à lire sur le chemin du retour. Il s’agissait d’un mot de sympathie au dos de la carte faisant la promotion du concours. Marie (c'est son prénom) savait que j’écrivais, et le stage lui apprit sans doute que l’errance est le rythme de mes pas. Raison pour laquelle elle m’encourageait, par ce biais délicat, à y participer. Pourtant, je ne me sentais pas prête à rendre mon écriture publique. Quelques jours plus tard, je trouvais alors la même carte dans ma boîte aux lettres. Une autre personne qui m’est chère me suggérait ce concours et, toujours pour la même raison, je ne m’y décidais pas. C’est ensuite par mail que je reçu l’invitation à l’écriture, d’une autre belle personne. Animée par ces trois voix, je me mis alors à écrire, sans tellement y croire cependant.

 

Et pensiez-vous pouvoir gagner ? Comment avez-vous accueilli cette récompense ?
Pas du tout, et mon intention n’était pas celle-là. J’écrivais pour ces trois personnes-là, en réponse à leur bienveillance. Je ne m’attendais donc pas à être sélectionnée, et ce jusqu’à l’annonce des résultats. La proclamation a donc eu une allure d’irréalité. Le plus difficile, je pense, lorsque l’on écrit, est de parler à l’intimité de chacun sans le connaitre, et ce qui me touche est le fait qu’ « En Pause » ait su faire écho en des cœurs inconnus.

Ce prix va-t-il changer quelque chose pour vous ?
Le prix en lui-même non. Mais le fait d’avoir réalisé que mes mots pouvaient dire, oui, sans doute. La mise à l’écriture est plus spontanée, moins épisodique, et guidée vers la chose à dire sans être découragée par l’impossibilité de dire vraiment, finalement…

Écrivez-vous depuis longtemps, ou bien peut-être écrivez-vous souvent ?
J’écris depuis toute petite. Les mots ont d’abord été un jeu avant d’être un mystère. J’écris souvent, oui. Dans mon carnet, il y a des images, des expressions dans le désordre, sans réelle finalité. Le projet d’écriture se mature ensuite, lorsque je relis ces esquisses.

Le thème du concours était « Errances » et cela vous a inspiré « En Pause ». Comment avez-vous travaillé ce thème ?
Pour moi, l’errance suggère un traitement du temps paradoxal. L’errance est un mouvement, une recherche, une introspection parfois. Mais, lorsque l’on est en errance, on est aussi décroché par rapport au temps présent. Dans une parcelle de temps à l’arrêt, en pause. Dans la nouvelle, autant la narratrice que Lise sont en pause, parce que détachées du flot de la vie, et en errance, parce qu’en introspection. C’est ce paradoxe que j’avais envie de soulever par le biais du titre de la nouvelle.

Après ce prix, envisagez-vous de changer de carrière pour devenir écrivain à plein temps ?
Non, bien sûr. L’écriture se charge de vie, il faut l’alimenter ! Mes journées de professeure de français me sont donc bien utiles pour faire naitre les images. J’observe, j’imagine, je transforme. Personnellement, je trouve que l’écriture doit se mêler de vie pour être vraie.

Avez-vous d'autres textes dans vos tiroirs ?
Oui.

Allez-vous chercher un éditeur pour un prochain livre ou une prochaine nouvelle ? Et peut-être participer à d’autres concours ?
Je ne souhaite pas me donner d’échéance pour l’instant, mais j’ai des envies, des projets. Quant aux concours, je laisse la place à d’autres plumes…

Télécharger le recueil des textes lauréats du concours « Errances » (PDF)