C’est la veille du jour des morts que s’est éteint Wayne Richard Wells, plus connu sous le nom Wayne Static. Il laisse derrière lui une œuvre musicale d’une qualité remarquable, bien que méconnue.

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De manière assez injuste, Static-X a toujours été considéré comme un groupe de seconde zone. Pourtant, le moins qu’on puisse dire, c’est que le combo aura apporté une belle pierre à l’édifice du métal industriel. Static-X, c’était une lourdeur pachydermique (c’est un compliment), une agressivité sans pareille, un sens du riff simple et efficace et surtout, un chant saccadé, écorché, terriblement entraînant. Toutes ces qualités sont à attribuer à Wayne Static, décédé le 1er novembre à l’âge de quarante-huit ans.

C’est en 1999 que paraît le premier méfait de la formation (dont Wayne restera l’unique membre permanent à travers les années) : Wisconsin Death Trip. L’auditeur y découvrait une musique sombre mais accrocheuse, qui empruntait autant aux ténors du métal industriel comme Fear Factory qu’à ceux du néo-métal. Un concentré de violence qui, en quarante-quatre minutes, mettait tout le monde d’accord à renforts de hits qui restent aujourd’hui les principaux classiques du groupe.

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Comme beaucoup de groupes à cette époque, la formation opérera un changement assez radical avec son troisième disque (Shadow Zone), en se calquant sur ce qui marchait à ce moment-là : le néo-métal. Très décrié lors de sa sortie et considéré par beaucoup comme le pire rejeton de Wayne Static, la galette constitue cependant une très belle charnière entre les deux grandes périodes du groupe. Certains morceaux, bien que très différents de sa production antérieure, demeurent d’ailleurs des valeurs sûres de la formation. Paradoxalement, Shadow Zone et l’album de la même veine qui suivra, Start A War, resteront deux de ses meilleures ventes.

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Après cet intermède, le combo se remettra bien vite en selle et retournera à ses premiers amours. Cette seconde et dernière période sera composée de deux disques : Cannibal et Cult of Static. Le groupe y poussera l’agression à son paroxysme en simplifiant encore sa musique pour ne garder que les murs de distorsion au détriment de la mélodie. Ce sont probablement les deux meilleurs albums de la formation, sinon les plus accessibles, tant il faut multiplier les écoutes pour en pénétrer la démarche artistique. Et comme très souvent dans ces cas-là, c’est au meilleur moment qu’il se passe quelque chose. Le groupe se sépare officiellement en 2009 malgré l’envie de Wayne Static de continuer. Un conflit de droits provoqué par son bassiste (Toni Campos) l’obligera à abandonner le nom du groupe dont il était le fondateur.

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Notre chevelu allumé se fera plutôt silencieux à partir de là. Il sortira quand même un disque en solo : Pighammer. Il n’y a d’ailleurs aucun doute que sur le fait que cet album était supposé être estampillé Static X tant le son est similaire. On y retrouve cependant une envie de retour aux sources : la galette ressemble plus à Wisconsin Death Trip qu’à Cult of Static. Le retour sur scène de Wayne Static était prévu pour 2015 en compagnie de Powerman 5000 (le petit frère de Rob Zombie). Nous n’aurons malheureusement pas l’occasion de voir ce grand monsieur se produire. Reste cependant une superbe discographie à (re)découvrir sans hésiter.