1941, une chanson autobiographique de Harry Edward Nilsson, extraite de l’indispensable Pandemonium Shadow Show (1967)

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Quelques mesures solennelles (le sujet est grave), et très vite la voix unique, acidulée — un temps délicieusement yodelante — du grand Harry Nilsson1.

Les années filent au rythme d’une par vers, approximativement. L’humour énonce et désamorce le drame. L’heureux père, dès le vers 2, part et perd son épithète. Au vers 3, deux ans plus tard, the mom and son were still alive. Au vers 4, alive rime avec survive

Le ton est léger, familier (well… well… well…) ; très naturellement, tout s’enchaîne (and… and… and…). La ronde est ouverte, en crescendo, implacable jusqu’à la question/le suspens final(e). Elle est hantée par la figure du clown, protagoniste de quelques merveilles de la pop.

Près de cinquante années après sa création, nous sommes délicatement bouleversés par le charme intemporel de cette vie qui tourne et nous désarme, qui roule et nous entraîne.

But… what will happen to the boy when the circus comes to town?

(1)


  1. Une des plus belles et mystérieuses personnalités du rock, à l’instar d’un Nick Drake, d’un Tim Buckley, d’un Elliott Smith… parmi quelques autres.