Cloud Nine, ou comment Jay Kay inventa la machine à faire danser le temps.

C'est un road movie qui commence en 1997. Une bande de potes décide de se faire une sortie très motorisée dans le sud de l'Espagne. L’acteur principal, Jay Kay, fait le zozo au volant de sa Lamborghini Diablo SE30 et fredonne les paroles de Cosmic Girl  entre deux virages. Alors que son bassiste de copilote s'est fait dessus, il troque son diable pour une Ferrari Berlinetta et s'échappe seul sous le soleil au zénith. Un dernier regard caméra, qui veut tout dire : « See you later. »

Des années plus tard, le Space Cowboy a fait le tour du monde et revient sur place à toute berzingue, par la même route, du côté de Cabo de Gata. Il descend de sa voiture, en silence, et fixe cette route qu'il a déjà prise il y a vingt ans. Il a l'air un peu bouffi, le temps est passé par là. Il a troqué le chapeau à plumes, les Adidas Gazelle et la Lamborghini rutilante pour un fédora, des mocassins noirs et une Ferrari 275 GTB de toute beauté. On le suit de dos entrer dans un bar, vide, sauf sur la piste de danse : elle est là, la « Cosmic Girl ».

Elle a des airs de Penelope Cruz, mais comme il ne fait pas bon embaucher des « Pénélope » par les temps qui courent, on lui a préféré sa sœur, Monica.

Elle danse bien Monica. Jay Kay aussi, il n'a rien perdu depuis Virtual Insanity. Sa musique non plus. C'est funky, c'est chic, c'est rétro, voire kitsch. Mais ça glisse, ça plaît à Monica.

Elle conduit bien aussi, Monica. Au volant de son cabriolet Benz 280 SE, grimé d'un « Cosmic » sur la plaque, clin d’œil. Et quand Jay Kay croit l'avoir enfin attrapée, elle n'est plus là.

On se revoit dans vingt ans pour s'envoyer au « septième ciel » ?

 

 

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Cloud 9

Jamiroquai

sur l’album Automaton, 2017

Virgin Records