Autre époque, mais c’est toujours la même chose : on est tous à la recherche d’un centre de gravité.



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Cerco un centro di gravità permanente, que l’on trouve sur l’album la Voce del padrone (1981) et sur toutes les compilations du grand Franco Battiato1, est de ces chansons pop irrésistibles, à la fois légères et profondes, auxquelles aisément s’accrochent les souvenirs.

Sublime collage postmoderne, typique du maître par son goût immodéré des références culturelles tous azimuts — et du mélange des langues, et des philosophies orientales —, elle nous entraîne dans une danse intelligente et précieuse.

Pas sûr que le kitsch grandiose et ridicule du clip soit du second ou du xième degré. Aucune importance. La caresse des sonorités quintessenciées de l’italien — même en anglais, même en français, en allemand, en arabe, Battiato chante toujours l’italien — efface toutes nos (éventuelles) réserves.

Et déjà le beat nous emporte, les chœurs mêmes — aussi improbables soient-ils — nous galvanisent.

C’est notre vie, son impossible équilibre, qui est ici en jeu. Alors dansons.

En savoir plus...

Cerco un centro di gravità permanente Franco Battiato Sur la Voce del padrone EMI, 1981

  1. On ne saurait trop conseiller au lecteur de découvrir les mille et un détours de son œuvre. À côté du Battiato pop, il y a l’expérimentateur passionné, prix Karlheinz Stockhausen en 1978 ; l’amoureux de poésie — superbe complicité avec le philosophe et poète Manlio Sgalambro sur l’Ombrello e la macchina da cucire ; l’artiste curieux de collaborations (Natacha Atlas, Antony, notamment) ; l’interprète polyglotte des chansons des autres (nombreux hommages à la chanson française, par exemple, sur les trois volumes de Fleurs).