En cette troisième journée de festival, Anima présente Panique tous courts, une sélection de courts métrages de la série Panique au village des réalisateurs Stéphane Aubier et Vincent Patar, également connus pour leur film d’animation primé aux Magritte et aux Césars, Ernest et Célestine.

Stéphane Aubier évoque ses projets au micro de Stéphanie Coerten et nous fait l’honneur d’introduire la séance composée de quatre courts métrages, où deux inédits concourant dans la compétition nationale du festival (le Bruit du gris et la Rentrée des classes) se partagent l’écran avec les incontournables Laurent, le neveu de Cheval et Janine et Steven en vacances.

La recette de Panique au village : des décors en carton-pâte, les bien nommés Cow-Boy, Indien et Cheval, figurines en plastique dénichées dans les brocantes, des couleurs saturées et acidulées, des accents belges à couper au couteau, un zeste de comique de répétition et des gags visuels saupoudrés d’une bonne dose d’autodérision.

Le bruit du gris de Vincent Patar et Stéphane Aubier

Ouvrant la séance sur un sujet plus grave que les thématiques habituellement développées, le Bruit du gris, produit par Canal + suite aux attentats de Paris, est une ode à la liberté d’expression. Aubier et Patar façonnent avec beaucoup d’humour et de poésie la puissance inébranlable de la créativité face à la violence aveugle. Sur l’écran, les protagonistes tout en naïveté se lancent dans une frénésie artistique et colorée à l’assaut d’une maison grise. Tout en justesse, le court métrage cicatrise les plaies et nous laisse sur un élan d’optimisme et de détermination.

Le deuxième inédit, la Rentrée des classes, court métrage de vingt-six minutes, met en scène les mésaventures des illustres Indien et Cow-boy qui doivent renoncer à leur croisière de rêve en raison de la rentrée des classes. Lorsque le nouveau professeur de géographie, monsieur Youri, propose à chacun de ses élèves de participer à un concours pour gagner un voyage d’une journée sur la Lune, Indien et Cow-boy vont redoubler d’ingéniosité pour arriver à leurs fins, nous entraînant avec eux dans une cavalcade de fantaisies.

La rentrée des classes, pas facile pour Cow-boy et Indien...

Les scénaristes de Panique au village surprennent les spectateurs à chaque amorce, ne choisissant jamais l’évidence et explorant chaque fois plus profondément l’imaginaire du public. La lecture de ces courts métrages peut se faire à différents niveaux : les petits réagissent instantanément à l’humour visuel et immédiat, les plus grands sont replongés dans leurs souvenirs d’enfance et sont pris dans une toile de références tissée par les plus grands tels George Orwell (la Ferme des animaux), Lewis Carroll (Alice aux pays des merveilles) et Pixar (Toy Story).

Cerise sur le gâteau, le surréalisme belge est porté avec brio par les voix mâtinées d’accents savoureux « bien de chez nous » de pointures telles que Benoît Poelvoorde et Bouli Lanners.

Panique tous courts est une explosion d’originalité, d’intelligence, de légèreté et de drôlerie. Derrière le visage de la naïveté de ces courts métrages se cachent une technique de stop motion totalement maîtrisée, des scénarios pleins de rebondissements et un remède absolu contre la morosité. Les éclats de rire ainsi que les visages à la sortie du Studio 4 en disent long sur la magie qui opère. On en redemande.

Natalie Malisse