C’est l’effervescence : à bord d’un side-car, Mr. Fox, son fils, son neveu et son voisin fuient les vils exploitants Boggis, Bunce & Beans. Le paysage défile, pas un temps mort à l’horizon. Une scène culte d’Adrien Corbeel.

La frénésie du film s’interrompt. Leur route a croisé celle d’un loup, l’animal à propos duquel Mr. Fox a déclaré tout le long du récit sa phobie. La bête observe le héros et ses compagnons de route, qui en retour le regardent dans un mélange de peur, d’appréhension et d’admiration. Le renard tente la conversation (« Pensez-vous que l’hiver sera rude ? », en français dans le texte), mais le loup reste mutique.

La scène n’en est pas moins éloquente. Le temps d’une minute, le film s’arrête pour laisser Mr. Fox contempler un animal qui l’effraie, mais qui incarne aussi cette part sauvage à laquelle il voudrait s’abandonner. Comme il a pu l’apprendre à ses dépens, et à ceux de son entourage, ce genre d’existence n’est plus tout à fait adapté à sa vie de père de famille, et la rencontre avec cet animal sauvage cristallise cette idée. « Canis Lupus, Vulpes Vulpes », lui déclare-t-il ; une manière très personnelle de se présenter au loup, tout en exprimant leur différence.

La scène se conclut par un échange de saluts qui marque leur respect mutuel. Mr. Fox peut poursuivre sa route, et sa vie d’adulte (relativement) responsable.

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Fantastic Mr. Fox

de Wes Anderson

États-Unis, 2009