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David Bowie appartient à la littérature parentale.
Une sorte d’unique qualité que partageaient tous les pères et mères de mes amis.
Quel que soit leur rapport à la musique, le vairon semblait être une pierre de touche ; je retrouvais ses disques dans tous les salons, sur tous les plans de travail. Chacun m’exposait sa foi furieuse et délirante, en ne me présentant jamais le même visage.
Mais, chez moi, je ne pouvais toucher que du Rolling Stones, du Ross, Gaye, Wonder… alors que ma mère ne cessait de me parler de ce monstre immortel, de tous les « Space Oddity », « Life On Mars ? » et du vital « Let’s Dance ».

Je n’ai donc jamais connu Bowie comme une histoire propre, personnelle.
Jusqu’à ce que David Robert Jones sorte The Next Day.
En déconstruisant Bowie, il me permettait enfin de m’approprier l’histoire, pour qu’une partie de l’immense bagage fantomatique, hors de la transmission orale, devienne enfin mien. Avec une production si contemporaine et pourtant si empreinte de ces époques antérieures, le mythe me paraissait pour la première fois, concrètement, intime.
Contrairement à ses camarades, Bowie parvenait encore à sortir du feu de ses tripes. Il était parvenu à le plaquer sur le sillon en tapant juste, mais surtout, en reliant le monde des anciens — ceux qui nous ont raconté cette guerre — au nôtre.

« Love is lost » m’a sidéré.
James Murphy a fini de l’ancrer dans « l’aujourd’hui ».
J’avais quelque chose à dire.

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