La programmation du vendredi proposait notamment Anwynn, Acus Vacuum et Ithilien. Ce dernier serait-il l’avenir du folk belge ? Le groupe a déjà eu l’occasion de jouer aux côtés d’Eluveitie, Skalmold ou encore Ensiferum.

La question se pose au regard de leurs treize années de carrière et des deux albums que ces années ont engendrés. Il est encore difficile d’y répondre. Cependant, on peut déjà dire que la scène folk metal de notre plat pays n’est pas très riche. Citons tout de même Aktarum, Ancien Rites, Ardwynn, ou encore Skal. Ce sont plutôt des groupes de black et de death metal qui prolifèrent chez nous. Mais Ithilien a, au fil du temps, évolué vers un style hybride bien à lui : le folkcore, qu’ils développent en 2017, avec l'album Shaping the Soul.

Comme son nom l’indique, ce style mélange le folk metal et ses instruments caractéristiques (flûte, vielle à roue) au metalcore, style américain né dans les années 1980 et caractérisé par un chant crié (scream, à différencier du growl, chant guttural) et un rythme saccadé et rapide, dérivé de la musique punk. Ce style est souvent moqué dans le milieu de la musique métal, ce qui n’enlève rien à l’originalité d’Ithilien.

Le groupe au Durbuy Rock Festival 2018 © Valentine Cordier

Ithilien, groupe originaire de Bruxelles, nous offre un show rodé, carré, voire un peu trop parfait. Mis à part les quelques larsens, il y a très peu de faux pas, qu’ils soient mélodiques ou rythmiques. Le répertoire est maîtrisé et les reprises parfaites. Le concert est techniquement et visuellement élaboré, mais manque de spontanéité et d’improvisation.

On pourrait sans grande difficulté comparer la formation au groupe suisse Eluveitie, la référence folk metal de ces dernières années. Mais aux mélodies parfois trop douces d’Eluveitie, Ithilien offre une bonne alternative, en proposant un style original. Cependant, Eluveitie l’emporte sur le terrain de la musique elle-même, avec une meilleure technique et des chansons moins répétitives. Au niveau du chant, le choix d’Ithilien se porte sur une seule voix masculine. Un choix regrettable, puisque d’autres voix pourraient renforcer le côté épique et puissant de leur musique.

Petit bémol, mais auquel le groupe ne peut rien changer : la salle où a lieu le Durbuy Rock. Outre l’acoustique pas toujours optimale (le festival prend place dans un hall omnisports), les lumières éblouissaient et par conséquent gênaient régulièrement le public. Autre bémol mais, cette fois, sur la formation : il me semble qu’un groupe de musique doit se baser sur une relation égalitaire entre les membres. Or ici, ce n’est pas le cas. Avoir un frontman est souvent un atout pour fédérer la troupe, mais quand ce dernier accapare toute l’attention et éclipse les autres membres, cela enlève le contact agréable entre le groupe et son public, ainsi que l’ambiance qui y est liée. C’est ce qui se passe chez Ithilien. Le manque immense d’interaction avec le public vient en partie du fait que le frontman est seul à intervenir.

Une explication à cela pourrait être le line-up très changeant. Ce qui est par ailleurs le problème de nombreux groupes. Ithilien compte sept membres, mais en a vu passer plus de quinze ! Ce qui explique peut-être que le frontman soit obligé de prendre la première place, dans le but d’être la personne de référence du groupe. Ithilien pourrait-il être l’avenir du folk metal belge ? Certainement. Mais l’avenir du folk metal, j’en doute.

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