Dix ans que c’est mon fond d’écran. Sans vraiment savoir pourquoi ni comment. Il y a des images qui sont vouées à devenir familières sans cesser d’être fascinantes.

J’aime le bizarre, l’étrange, quand ça déborde et que ça dénote. Quand on croit reconnaître une forme mais que la ligne nous échappe et devient autre chose. Des créatures chimériques, des émotions hybrides. J’aime ne pas pouvoir fixer mon regard sur un point, ne pas pouvoir arrêter mon cerveau sur une idée.

Pas d’ordre, pas de direction.

Alechinsky n’en donne aucune. Il ne renverse pas un monde pour en construire un autre, il crée un espace entre ceux qui existent déjà. Cette peinture fait quelque chose de simple et de radical : elle sort du cadre. Les frontières entre le vivant et le signe, entre l’abstrait et le figuratif cessent d’exister.

Et il y a ce titre : Le dernier jour. On s’attend à une fin. Mais c’est le mouvement et la métamorphose qui viennent à notre rencontre. Rien ne se termine vraiment. Tout continue ailleurs.