Fraîchement auréolée du deuxième prix Cinéfondation à Cannes en 2013, avec rien de moins que Jane Campion comme présidente de jury, Sarah Hirtt poursuit son bonhomme de chemin sur le sentier miné de la réalisation cinématographique. Son premier court métrage, travail de fin d’étude à l’INSAS, lui a ainsi ouvert les portes si pas de la gloire, du moins de la visibilité. En attendant le dégel s’est fait remarquer dans quelques festivals et lui a assuré pour le moment la confiance de son producteur, Artémis. Elle espère que son cadet, Javotte, connaîtra la même bienveillance internationale, après une programmation déjà au Brussels Short Films Festival cette année-ci. Pour l’heure, la jeune réalisatrice, romaniste de formation, planche sur son premier long, dont elle a repris en mains l’écriture.

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Quel livre emporteras-tu cet été en vacances ?
Pour le moment, comme je suis toujours dans la phase de réécriture de mon long métrage, je lis Grégoire Polet, particulièrement ses romans qui se passent en Espagne. Ça me nourrit parce que mon film se tournera en partie dans ce pays. J’ai déjà lu Barcelona !, Madrid ne dort pas, dont l'arrière-plan de crise, l’ambiance m’intéressent énormément et constituent autant de thématiques qui nourrissent mon film. Là, je vais m’attaquer à Chucho.

Quel film retiens-tu de la saison qui vient de s'écouler ?
Hum, vaste question… Le premier qui me vient à l’esprit est Ida, c’est de cette année ça encore ? Je viens d’acheter le DVD. J’ai vraiment beaucoup aimé. Sinon, Under the Skin, esthétiquement très intéressant. Plus récemment, la Tête haute, très bon film, en accord avec les sujets qui m’occupent pour le moment.

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Qu’est ce que tu regardes comme films en général ?
J’aime bien me laisser entraîner par la programmation d’un cinéma, le Vendôme souvent. Parfois, je n’arrive plus à écrire, alors je me fais un ciné improvisé. Comme le Vendôme est tout près, c’est pratique. Je regarde vite le programme. Je me pointe et prends la séance qui vient. J’aime bien aussi suivre les films qui sortent de festivals, particulièrement ceux de la section Un certain regard du festival de Cannes.

Quels sont tes projets pour la rentrée ?
Remettre mon dossier à la Commission de sélection des films en septembre pour obtenir l’aide à la production. Attendre sans doute novembre avant que la commission l’examine et croiser les doigts pour que ça passe. La première fois, mon projet a été refusé de justesse, il ne manquait pas grand-chose pour qu’il obtienne les fonds. C’est pour cela que je suis dans la réécriture, là. Et puis, en attendant la réponse de la commission, il faudra que je gère les castings et les repérages.

Ce sera à nouveau une histoire de fratrie ?
Oui, en quelque sorte. J’aime bien ce point de départ car c’est souvent rassembler des personnages qui n’ont pas choisi d’être ensemble et les obliger à coexister. Et puis, la composante road movie sera encore un peu présente, comme dans En attendant le dégel. Et contrairement à ce que je pensais, le côté road movie n’enlève rien à cette coexistence obligée. Je me suis rendue compte que, finalement, En attendant le dégel était une prison à ciel ouvert, autant que Javotte était une prison fermée.

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Quelle serait ta destination de vacances idéale ?
L’Amérique latine.

Tu parles espagnol ?
Oui. En romane, j’étais en option français-espagnol. J’ai fait mon mémoire en espagnol (grosse erreur) sur la rencontre du cinéma et de la poésie, avec un focus sur le cinéma espagnol d’avant-garde. J’ai tenté d’analyser comment les poèmes des années 1920-1930 étaient traduits par le langage cinématographique.
J’aimerais bien mieux connaître l’Amérique latine.