L’angoisse, la tension. Ces explorateurs de l’espace qui s’affairent nerveusement dans un décor magnifié par l’Eastmancolor et le Cinémascope. Les effets sonores qui tétanisent. La menace qui progresse, invisible, rythmée par une voix off médusée, des radars qui s’affolent. Les regards qui se tendent et soudain…

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Un cauchemar d’enfant ! La matérialisation progressive de l’entité. L’interrogation terrifiée face à l’hybride, au filigrane meurtrier, aux pointillés flamboyants.

Adulte, j’ai tenté d’élucider. Des articles évoquaient un mystérieux monstre ID. ID ? J’ai cherché les mots anglais correspondant aux initiales I et D. En vain. ID est un mot complet, latin. Et la clé du mystère. Car id, c’est ça, le démonstratif mais aussi le concept jungien. Le film, qui transpose la Tempête de Shakespeare, a multiplié les allusions à la mythologie mais incite surtout à décrypter une vérité souterraine. Hantée par la psychanalyse. L’inconscient collectif. La part maléfique qui, du fond de nos mines intérieures, tend des mains griffues vers le dehors.

Visionnez à nouveau la séquence et observez la micro-scène en insert. That’s the key !

P.-S. : si 2001, l’Odyssée de l’espace n’avait pas existé, Planète interdite (Fred M. Wilcox, en 1956) serait aujourd’hui encore le film mythique qui a fondé le genre de la science-fiction au cinéma. Ne lui attribue-t-on pas les racines d’Alien et Star Wars, de Star Trek et Lost in Space ? Et la première bande musicale exclusivement électronique ?

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Planète interdite (Forbidden Planet) Réalisé par Fred M. Wilcox États-Unis, 1956 Avec Walter Pidgeon, Anne Francis et Leslie Nielsen 98 minutes