critique &
création culturelle

Festival Heat : mode survie on aux royaumes des décibels

La playlist doses.of.love x Karoo de l’été

Alors que la canicule s’invite sur les scènes belges, les festivalier·ères – irréductibles – n’arrêteront pas de danser sous plus de 30 degrés. De Werchter au Pukkelpop, entre têtes d’affiches et artistes émergents, Karoo et doses.of.love vous invitent à danser (sans risquer l’insolation) sur leurs sons préférés de l’été.

Pour cette deuxième édition sous haute température, Karoo et doses.of.love signent une playlist estivale sans prétention d’exhaustivité. Son seul but : vous faire voyager à travers éclectisme et sons qui nous font vibrer.

Première escale : Rock Werchter (2-3-4-5 juillet à Werchter). Solidement installé comme carrefour du Rock, le festival déploie cette année une affiche bien fournie. On file y découvrir Basht. pour la noirceur de son titre « Burn », mais aussi des artistes plus solaires (toujours garder son SPF à proximité) du côté de Balu Brigada ou Radio Free Alice (rock garage efficace). Impossible d’ignorer KNEECAP (coup de cœur absolu pour l’énergie de « FENIAN ») et le trio belge High Hi avec leur indé feel good. Sans oublier Good Neighbours, le projet belge Dressed Like Boys, ou encore la guitare nerveuse de Florence Road et beaucoup d’autres. Dans notre valise, on n’omet évidemment pas les monuments de la culture rock que sont Franz Ferdinand, Gorillaz, Kasabian et The Cure (rien que ça). On recommande un détour rafraîchissant plus R&B et soul avec des artistes qui auront certainement déjà bien mobilisé vos radios : Joy Crookes, Loyle Carner, DON WEST, et Teddy Swims. Et parce que la progra n’oublie pas les rappeurs non plus, on peut aussi s’aventurer près de Harry Mack en pleine confiance (conscience ?).

On changera ensuite radicalement de cap aux Ardentes (même calendrier, à Liège) festival autoproclamé – à juste titre – temple de la musique urbaine, du hip hop et bien entendu du rap où la température promet, comme son nom l’indique, de monter en flèche sur des paroles muy caliente. Cette année on saluera une tentative timide de féminisation du line-up. On y retrouvera des noms aussi importants que Damso, Rilès, Theodora et la Queen A (Aya Nakamura). On vous invite à venir y découvrir notre coup de cœur Josman (avec son intime « Intro »), et toute une flopée de professionnels du flow bien virils tels que Jolagreen23, Kalash Criminel, Kybba, La Mano 1.9, La Rvfleuze, Rohff, Rsko pour n’en citer que certains. Et bien sûr les excellentes Camille Yembe, MIKI, Lala&ce, Charlotte De Witte – qui relèvent lentement mais sûrement la parité.

Si la chaleur ne diminue pas au Gent Jazz Festival (à Gand, du 2 au 18 juillet), l’affiche regorge d’artistes habitués aux averses belges (Marble sounds, Admiral Freebee, Tamino, Stavroz, Wharaus pour les plus connus) et de noms qui éveillent assurément une pointe de nostalgie (José Gonzalez, Angus & Julia Stone, Asaf Avidan). On y retrouvera d’autres voix familières telles que Fatoumata Diawara (dont le dernier album Massa est sorti en juin 2026), l’incontournable Celeste et Dominique Fils-Aimé (avec notamment son titre « Sun on My Skin » tiré de son dernier album My World Is The Sun).

Toujours en Wallonie, on fera une pause aux Francofolies de Spa (du 20 au 26 juillet). On n’oubliera ni l’anti-moustique ni le détour auprès de notre étoile montante du rap français préférée de 2026 aka Asfar Shamsi (et son titre « Ses Yeux » tiré de son dernier album cuicui). On fera également un stop obligatoire pour écouter Peet dont le dernier album Joy Boy a cassé tous les codes avec ses mélodies soignées et ses textes intimes (écoute en boucle assurée). On a adoré son dernier titre « Comme une ombre » avec Absolem (qui sera justement lui aussi de passage à Spa). On a repéré l’artiste Velours Velours venu tout droit du Québec (allez écouter son tendre « Je t’aime – Take 2 »). Parmi les autres belles découvertes, le duo montréalais Rau_Ze (« La dérive » au groove rétro convainquant), San-Nom (à la prose à la fois crue et douceamer sur « Cœur Tendre »), LMVD (et son titre « Paradis », mélancolique et emphatique) et la voix de Teddy Bear (jeune chanteur prometteur né à Mons dans une famille de musiciens sicilien et dont les textes très habités n’ont rien à envier à Eddy de Pretto – voyez vous-même « Chaussures Roses » sur le rapport à soi et à l’excès). Sur l’horizon rock, on relève Thomas Frank Hopper (avec son titre « Tomb of the Giant ») et l’excellent The Feather (mené par Thomas Medard, chanteur du groupe belge Dan San) à ne pas manquer.

Le mois d’août – qui on l’espère verra le mercure baisser – n’a pas non plus à rougir de ses line-up. On s’est concentré sur deux festivals situés de chaque côté de la frontière linguistique.

Au Festival Ronquières (sur le site de Ronquières, du 7 au 9 août) on ira remettre son bonjour à Disiz (« La Rosée ») et à toutes nos voix féminines favorites, Iliona, Marguerite, Suzane (« Champagne »), en passant par Charlotte Cardin. On n’oubliera pas non plus de se rafraichir devant le bruxellois « hyper demandé » PYO et son rock énergisant (courez écouter « Stuck in My Head » ou « Balcony » tiré de son dernier single éponyme) à côté duquel il ne faut pas passer.

La palme du festival aoûtien le plus éclectique revient sans nul doute au Pukkelpop (à Kiewit du 20 au 23 août) qui couvre un large éventail (sans jeu de mot) de genres musicaux. La scène s’électronise notamment avec Adriatique, Apparat ou encore Baxter Dury. Les rock afficionados ne seront toutefois pas délaissés avec Geese, Kids With Buns, ou encore Wet Leg. Du coté du chillwave electro, on retrouvera avec plaisir Leisure, Maribou State, Parcels et Pale Jay. Et les inclassables Soulwax, Tyler, The Creator et Blood Orange.

Reste une constante : ces festivals affichent (presque) tous complet. Autrement dit, il faut traquer dès maintenant les sites de revente, faire des danses de la pluie au rythme de notre playlist pour tenter d’obtenir le saint graal (ou à défaut, continuer d’écouter notre playlist en boucle). À la fin de la journée, la chaleur passe mais la musique reste, niet waar ?

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