Une station balnéaire hors saison, quelque part dans le Sud-Ouest de la France.

Un vent fou furieux, de liberté et de changement, souffle sur les bungalows désertés.

Zorg et Betty, amoureux en bleu de travail eighties, elle barmaid au tempérament vif, lui mécano doux, un peu poète, posent pour un Polaroïd devant leur baraque fraîchement repeinte en rose. Ils tentent de s’y faire une vie, un chez-soi. Moment cliché, capturant un bonheur éphémère, avant la cruelle dégringolade de Betty dans la folie.

C’est sans compter le patron désagréable et grossier de Zorg, un petit homme gris et triste, symbole oppressant d’un système suffocant, qui interrompt leur moment de complicité. Bien mal lui en prendra : une toute jeune Béatrice Dalle, déjà incendiaire, bien décidée à vouloir repeindre sa vie en rose, choisira aussi d’en maculer de force l’auto du chef.

Si, près de trente ans après sa sortie, 37°2 le matin de Jean-Jacques Beineix est autant adoré par les nouvelles générations, c’est sans doute parce qu’il se fait le porte-voix d’une jeunesse abîmée par les diktats, toujours plus affamée d’amour et d’évasion.

Une authentique fable d’amour populaire, mais surtout universelle et intemporelle, où se mêlent dur réalisme et poésie d’une vie qui ne peut qu’être rêvée, envers et contre tout.

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37°2 le matin

Réalisé par Jean-Jacques Beineix
Adapté du roman homonyme de Philippe Djian
Avec Béatrice Dalle et Jean-Hugues Anglade
France, 1986, 115 minutes