Rémanence
À la revoyure #0

Il y a ces images qui ne nous quittent pas. Celles qui, une fois l'écran noir revenu, continuent de flotter sur la rétine comme l'éclat d'un soleil trop vif qu'on aurait fixé imprudemment. En physique, on appelle cela la rémanence : la persistance d'un état après la disparition de sa cause. Au cinéma, c'est peut-être là que tout commence vraiment.
Lancer ce dossier intitulé « À la revoyure », c'est accepter de sonder ces traces. Pourquoi retournons-nous vers certains films ? Est-ce pour retrouver un confort familier ou pour vérifier si, avec le temps, l'œuvre a changé — ou si c'est nous qui ne sommes plus les mêmes ? Revoir, ce n'est jamais répéter. C'est une redécouverte, une confrontation entre notre souvenir, parfois déformé par la nostalgie, et la réalité brute des 24 images par seconde.
« À la revoyure » suivra le rythme des salles et des saisons bruxelloises. Au fil des mois, des films – choisis pour ce qu'ils ont laissé, pour ce qu'ils promettent de révéler autrement – serviront de prétexte à cette question en suspens : que reste-t-il d'une œuvre quand on la regarde pour la deuxième, la troisième, ou la dixième fois ?
Ce dossier est une invitation à ne pas craindre le baisemain du passé. À s'attarder sur ce qui persiste.
À la revoyure, donc.